Plus de 100 ans d’inventaire du patrimoine culturel marocain -Fonds Prosper Ricard-

Rénover l’artisanat marocain sans toutefois dégrader son caractère authentique, telle était la mission du service des arts indigènes, fondé en 1918 par le Maréchal Lyautey. Ce service, qui fut dirigé pendant près de 20 ans par Prosper Ricard, a contribué à la documentation de larges pans des richesses artistiques et culturelles de notre pays. Les résultats des travaux de Prosper Ricard et de ses collaborateurs, J. Rivault, J. Baldoui, A. Maàmri, M. Vicaire, dans le domaine des arts et des techniques traditionnelles et ancestrales marocaines et nord-africaines, sont à l’origine de la constitution d’un fonds documentaire extrêmement riche et important.

Les documents composant ce fonds d’archives sont de nature diverse : feuilles manuscrites ou dactylographiées, dessins, relevés, photos, courriers et brouillons d’articles et de publications. Ils se présentent sous deux formats : petits manuscrits et grands manuscrits. Les petits manuscrits comportent les leçons que donnait Prosper Ricard à l’Institut des Hautes Etudes Marocaines. Ces leçons portaient essentiellement sur les arts et les métiers maghrébins, la fondation des villes musulmanes, les tapis, les corporations d’art et les métiers traditionnels.

Les grands manuscrits renferment des articles, des études, des photos, des correspondances, des manuscrits ayant servi à des émissions radiophoniques données par Prosper Ricard ainsi que des notes diverses ayant trait à des domaines distincts de l’artisanat nord-africain. Ces grands manuscrits contiennent également des planches sur le tissage et l’art de paraitre « bijoux et tatouages » ainsi que des albums de photos des anciennes collections des premiers musées marocains.

Dans le cadre de la célébration du mois du patrimoine 2020, la Direction du Patrimoine Culturel a jugé opportun de mettre à la disposition des chercheurs ainsi que du grand public, un répertoire   de ce fonds documentaire ainsi qu’un lexique amazigh appelé lexique « berbéro –français », réalisé probablement entre 1920 et 1935.

La mise en ligne de ces documents rend hommage à Prosper Ricard pour l’ensemble de son œuvre et contribue à la diffusion des connaissances sur le patrimoine marocain tel qu’il a été documenté au début du siècle dernier.

Le fonds Prospère Ricard a été versé en 2019 aux Archives du Maroc pour une meilleure sauvegarde de ce trésor national.