Le patrimoine architectural en terre des zones atlasiques et présahariennes du Maroc

Les zones atlasiques et présahariennes du Maroc sont des lieux d’épanouissement par excellence d’un mode d’habitat vernaculaire en terre d’une valeur culturelle et identitaire reconnue. Il s’agit de villages communautaires fortifiés (Ksour, pl. de ksar ou igherman pl. d’ighrem), de demeures seigneuriales (kasbah-s ; Tighermatine, pl. de tighermt), de greniers collectifs (agadir/iguidar ou ighrem), de tours de gardes (iguedimen, pl. d’agdim), etc.

Ce patrimoine bâti, construit en terre, porte en lui l’expression d’un savoir-faire millénaire et d’une adaptation symbiose avec l’environnement naturel, les conditions climatiques du milieu et les caractéristiques socio-économiques de la population concernée.

Ces architectures en terre incarnent le désir, le savoir-faire des habitants, la conception de l’espace et du temps, de l’histoire, de la nature et de relations humaines. Elles désignent l’ensemble des édifices construits en terre crue selon les techniques du pisé et de la brique crue. Elles représentent aussi la continuité de l’histoire dans laquelle s’épanouissent l’art, le social, le culturel et le spirituel.

Ce patrimoine se localise dans des régions semi-arides, hostiles, caillouteuses et sablonneuses. Enclavées entre les chaînes montagneuses (Haut Atlas et Anti-Atlas) et le vaste désert, les vallées présahariennes sont les lieux les plus caractérisés par la densité exceptionnelle d’édifices en terre. Il s’agit des vallées du Dra, du Dadès, du Todgha, du Ziz, de l’Ounila, les palmeraies de Skoura, de Figuig, de Tata et de l’oued Noun. La concentration des constructions en terre dans ces régions du Maroc pourrait être expliquée par :

  • la nature géologique, la situation géographique et l’environnement naturel du milieu, le climat est l’un des facteurs favorisant ce mode d’habitat vernaculaire ;
  • l’héritage historique dans le sens où ces régions ont reçu une longue tradition dans le domaine de la construction en terre ;
  • les motifs socio-économiques ont favorisé ce mode d’habitat qui s’harmonise le mieux avec le genre de vie des habitants. Le choix de la terre comme matériau de construction est dicté par son coût peu onéreux et par des raisons d’adaptation avec l’environnement, l’organisation familiale, etc.

Manuel de conservation de l’architecture en terre.pdf