| Tout au long de son littoral s’échelonnent de nombreux établissements portuaires, villes fortifiées, comptoirs… qui témoignent d’une activité maritime très intense à toutes les époques. Les échanges économiques et culturels ayant existé, d’une part, entre l’ensemble des pays riverains du bassin méditerranéen, et d’autre part, avec les pays européens fréquentant du nord au sud à partir du XVe s. les grandes voies maritimes conduisant vers les Amériques, l’Afrique et les Indes sont illustrés par le potentiel archéologique sous-marin considérable qui gît dans les eaux territoriales marocaines et aux abords même des côtes.
L’étude des gisements archéologiques sous-marins ne peut être dissociée de celle des sites archéologiques côtiers réputés comme ceux de Russadir, Lixus, Tanger, Salé, Tétouan, Essaouira. Ce rapport étroit entre terre et mer a conduit l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine à prospecter et à inventorier l’ensemble des sites archéologiques localisés sur le littoral : Grottes et abris préhistoriques, villes antiques, tours de vigie, fortifications, ateliers céramiques, aménagements portuaires, pêcheries et piscicultures (vivarium), structures industrielles liées aux ressources de la mer (garum, salsamenta ou pourpre).
Discipline naissante au Maroc, l’archéologie sous-marine en est encore à ses débuts. Complémentaire des sources écrites très riches, elle apporte une lecture originale de l’histoire maritime marocaine à toutes les époques sur des aspects variés comme la fluctuation du niveau marin, le commerce, les grandes routes maritimes, la guerre en course, l’architecture militaire. Les premières prospections sous-marines engagées dès 1999 le long du littoral méditerranéen ou atlantique, comme au large de la péninsule de Tanger, au Cap Spartel, à l’île de Mogador, ont permis ainsi de localiser et d’identifier de nombreux gisements immergés qu’il s’agisse d’épaves ou de mouillages utilisés depuis la plus haute antiquité
Afin de gérer et promouvoir ce patrimoine culturel maritime, l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (I.N.S.A.P.), placé sous la tutelle du Ministère de la Culture marocain, conjugue les responsabilités administratives et scientifiques en ayant pour missions fondamentales la recherche, la formation, et la diffusion des connaissances auprès des chercheurs et du grand public. Cet Institut répond aux dispositions du Dahir n° 1-80-341 du 17 safar 1401 (25 décembre 1980) portant promulgation de la loi 22-80 relative à la conservation des monuments historiques et des sites, des inscriptions, des objets d’art et d’antiquité qui fait une part non négligeable aux recherches archéologiques terrestres ou marines et règle les questions liées aux découvertes présentant un intérêt historique, archéologique, anthropologique ou intéressant les sciences du passé et les sciences humaines en général.
Cette exposition montée à Rabat, à El Jadida, à Essaouira, à El Hoceima et à Rissani, et maintenant à Tanger, marque une étape importante dans la gestion du patrimoine marocain qui cherche à mettre l’accent sur le développement de l’archéologie sous-marine. Elle permet de sensibiliser le grand public à la nécessité de la protection du patrimoine culturel maritime et lui permet de découvrir un nouveau champ d’études prometteur pour les futures recherches. |