Dchar jdid

 


 

Dchar jdid

Le site de Dchar Jdid est situé à 13 Km au nord-est de la ville d'Asilah et à l’est du village de Had el Gharbia. Il occupe, avec les bâtiments suburbains, une superficie de 32ha, à l'extrémité d'une avancée orientée est - ouest d’un plateau, qui, à l'ouest, descend doucement vers la plaine côtière.

En 1977, une équipe maroco-française a repris la recherche archéologique sur le site. Les fouilles entreprises sur « la citadelle » entre 1977 et 1980 ont confirmé l'idée d'une occupation du site à l'époque préromaine. Un premier sondage entrepris en 1977 a permis de repérer, à deux mètres du sol moderne, des couches ne contenant que des céramiques campanienne A et quelques fragments de céramique peinte. Deux niveaux maurétaniens ont été ainsi déterminés.
Au premier niveau correspondent les vestiges d'une habitation en briques crues, elle se compose de deux pièces grossièrement rectangulaires communiquant par une porte. Le mobilier céramique découvert, écrasé sur le sol du bâtiment est considéré homogène, et il est scellé par un niveau d'une destruction violente. La datation de ce niveau peut être située au deuxième s. av. J.-C. et plus probablement vers la fin du siècle.
Au deuxième niveau appartient un ensemble de construction d'orientation nord-ouest - sud-est, bordé par une rue. Les murs sont faits de soubassements en pierres et des élévations en briques crues. Le matériel exhumé dans ce niveau, renfermant des produits d'importation permet de situer la destruction et l'abandon du quartier dans le troisième quart du Ier s. av. J.-C
Entre 33 et 25 av. J.-C., la ville fut détruite et l’empereur Auguste y installa une des trois colonies romaines de Maurétanie occidentale, Iulia Constantia Zilil. D’après un passage de Strabon, les habitants de cette ville furent déplacés en Espagne, avec des habitants de Tingis et des colons italiens pour constituer la population de Iulia Ioza en Bétique. Les fouilles archéologiques entreprises sur le site n’ont pas encore défini l’aspect urbanistique de cette implantation coloniale.
Les fouilles entreprises sur le site ont permis de dégager des quartiers d’habitation, un grand temple, un ensemble thermal, une imposante citerne à quatre compartiments, alimentée par un aqueduc en partie souterrain, sera construite pour l'alimenter en eau, postérieurement à Hadrien. Enfin, dans la seconde moitié du IIème siècle, comme d'autres cités de la Tingitane, Zilil se dote d'une enceinte, fouillée partiellement près des portes nord et ouest, mais repérée sur la majorité de son tracé grâce à la prospection électrique.
La ville a été détruite, à un moment archéologiquement indéterminé, entre 238 et le milieu du IVème siècle. L'étude des monnaies issues des fouilles de Dchar Jdid montre que la reconstruction de la ville résulte d'une décision impériale et peut être datée assez précisément des années 355-360 ap. J.-C.. La création la plus spectaculaire est celle d'une église paléochrétienne, à trois nefs, pourvue d'un baptistère et de diverses annexes, près de la porte ouest de l'enceinte, unique monument de cette catégorie dégagé en Maurétanie Tingitane. La ville fut détruite au début du Vème s. mais la date de l’arrêt définitif de l’occupation du site n’est pas encore déterminée