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L’histoire de la civilisation
et de la culture au Maroc laisse dégager deux aspects majeurs qui
ont eu un impact considérable dans l’élaboration de
plusieurs composantes de la culture arabo-musulmane d’un côté,
et dans le rapprochement du Maroc avec les pays voisins tant au niveau
du Maghreb et de la Méditerranée qu’au niveau de l’Afrique
occidentale et du monde arabo-musulman d’un autre côté.
Le premier de ces aspects est axée autour de l’impact de
la civilisation marocaine sur les peuples de l’Afrique subsaharienne,
créant ainsi un dynamisme interculturel notamment à travers
la route de l’or qui atteignait alors le Soudan occidental et traversait
la Mauritanie, Le Sénégal, le Mali et le Niger... Si la
visée primordiale de cette route visait en premier lieu les échanges
économiques et commerciaux en acheminant les marchandises (or,
sel, cuir...) vers Fès et Tombouctou à travers Taghazi et
Sijilmassa, ses effets culturels et intellectuels n’en étaient
pas moins décisifs. Aussi, la propagation de la religion musulmane
entre les peuples africains, le déplacements des oulémas
musulmans entre les deux côtés du Sahara, l’édification
des centres d’études et de savoirs musulmans, l’échange
des épîtres, livres et consultations « scientifiques
» entre les oulémas des deux côtés, la propagation
des confréries religieuses et soufies et les déplacements
de leurs Maîtres kadérites, Chadélites Tijanis...,
d’un pays à l’autre, en sont-ils les marques culturelles
principales.
Le second aspect concerne le triangle culturel et de civilisation dont
les pôles d’alors étaient le Maroc, l’Andalousie
et l’Orient arabe, pays qui entretenaient des relations marquées
par des influences mutuelles. Le Maroc et l’Andalousie étaient
ouverts l’un sur l’autre et les oulémas, hommes de
lettres et penseurs tissaient entre eux de véritables échanges
culturels. Il était de même entre ces deux pôles de
civilisation et l’Orient arabe dont les relations attestaient d’une
communication constante et fructueuse. En effet, qu’il s’agisse
de circulation des biens culturels, d’échanges d’hommes
de lettres et de penseurs, les ponts entre le Maghreb et le Machreq révèlent
la profondeurs des contacts et la richesses des apports mutuels entre
les peuples du monde arabo-musulman à ces époques.
Les oeuvres manuscrites exposées contribueront à la connaissance
des oulémas et fouqahas qui ont marqué ce dialogue interculturel
et mettront en relief le niveau remarquable des relations culturelles
et historiques entre les pôles de ce triangle et entre le Maroc
et le Soudan occidental. Une exposition des documents et manuscrits consacrée
à ces rapports profonds et à cette mémoire commune
sera organisée pour l’occasion.
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