Preface


Préface

Animé par la volonté d’accompagner et de soutenir la dynamique du changement que connaît le Maroc à l’aube du troisième millénaire, le ministère de la Culture et de la Communication a mis en place un plan d’action ambitieux en vue de doter le pays de nouvelles institutions culturelles, de restaurer et de réhabiliter les espaces existants pour mieux répondre aux besoins du pays dans le domaine culturel. La plupart des galeries d’art et des musées relevant de ce Département ont, en effet, été restaurées et réhabilitées.
Parallèlement aux efforts déployés pour rénover les espaces des musées, le Ministère a inscrit dans les orientations de sa politique culturelle la mise en valeur du patrimoine muséal. Dans ce cadre, sont aujourd’hui organisées cinq grandes expositions qui couvrent, hormis les manuscrits, les champs les plus riches du patrimoine mobilier au Maroc : le bois, les bijoux, le tapis, la céramique et la broderie.
Même si tout semble avoir été dit sur le patrimoine du Maroc de la préhistoire à l’époque moderne, le domaine des métiers et des savoirs-faire depuis plusieurs fois millénaires, demeure encore, en grande partie, insaisissable.
Ces expositions tentent de souligner la richesse dans sa diversité, la profondeur historique, la cohérence des oeuvres, la permanence des savoir-faire et le génie des créatrices et créateurs en terre marocaine depuis la nuit des temps. Ces artistes ont, en effet, toujours su emprunter et s’inspirer d’autres cultures, les assimiler pour réinterpréter ensuite, dans leur propre génie, l’inspiration exogène.
Ces expositions visent, de même, à faire découvrir au grand public l’immense richesse des collections nationales, à le sensibiliser au rôle essentiel des musées, à la fois dans le domaine éducatif et dans celui de la préservation de ces savoir-faire ancestraux qui constituent une part importante de notre mémoire et une réelle promesse pour notre avenir, de sauvegarder la mémoire de ces métiers traditionnels et de témoigner de l’histoire du Maroc à travers ces arts.
Ces expositions s’efforcent de mettre en évidence les évolutions, les changements les ruptures et les permanences qui, à partir d’un fil conducteur chronologique, aident à mieux comprendre l’histoire du pays ainsi que le Maroc d’aujourd’hui. Elles susciteront certainement des interrogations relatives aux champs concernés, ouvrant ainsi de nouvelles voies de recherches.
Ces expositions se tiennent au sein de prestigieux monuments historiques récemment restaurés et réhabilités : La Kasbah des oudaïa à Rabat, Dar Jamaï, Bab Mansour Laâlj et le Pavillon des Ambassadeurs à Meknès, Plais Batha à Fès, Dar Si Saïd à Marrakech et Dar Sanaïï à Tétouan.
Ces manifestations constituent, par ailleurs, un prélude à la dynamique de mise en place du Musée Royal du Patrimoine et des Civilisations. Car elle offrent l’occasion d’établir des inventaires précis, de repérer les pièces maîtresses dans les collections nationales, de réunir la documentation nécessaire relative à ces collections. Elle permettent aussi de renforcer et de mobiliser les compétences nécessaires à la mise en oeuvre et à la maîtrise de ce nouveau projet.
Ces expositions sont le fruit d’une étroite collaboration entre l’ensemble des conservateurs et des chercheurs dans le domaine du patrimoine qui oeuvrent au sein du Ministère. Alliant la réflexion à l’action, ces équipes sont parvenues à relever le défi en réalisant ces expositions sans recourir aux apports techniques et financiers extérieurs au Département.
Enfin, l’ambition de ce département à travers l’organisation de ces grandes expositions est d’offrir au public une nouvelle conception de cette articulation exceptionnelle entre le passé et le présent dans le domaine de l’ensemble des arts du patrimoines. Et pour cela la volonté du Département à elle seule ne suffit pas ; d’autres énergies doivent se mobiliser pour sauvegarder et mettre en valeur ce puissant héritage qui nous aidera à résister aux défis de l’uniformisation qui nous gagne par le biais de la mondialisation et à inventer un futur meilleur.

Mohamed ACHAARI
Ministre de la Culture