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Le Sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah (1757 - 1790) assiégeait Mazagan et l’asphyxiait deux mois quand la décision vint de Lisbonne de quitter la place. Les Marocains reprennent la place mais ne la peuplent pas officiellement. Restée quasiment désertée pendant presque 50 ans, la cité, en partie détériorée, prend le nom de “la Ruinée” (al-Mahdouma). Au cours des années vingts du XIXème siècle, le Sultan Moulay Abderrahman ordonne au Pacha de la région de reconstruire les bâtiments délabrés, d’élever une mosquée et de repeupler la cité portugaise. On interdit de prononcer le nom de Mazagan que l’on renomme “la Neuve”, ou “la Nouvelle” (al-Jadida).
Al-Jadida étaitdotée d’une mosquée, qui ne manque pas de monumentalité, signe de purification d’une cité habitée autrefois par des gens de foi différente. Cependant, cette purification de l’espace n’empêcha pas les Marocains de conserver les témoins de l’époque précédente, y compris les lieux de culte. La cité portugaise est ceinte par une muraille qui l’isole du reste de la ville. Son plan est en forme d'étoile à quatre branches dont les remparts sont infléchis en leur milieu vers l'intérieur. Cette disposition reflète l’image de l’architecture des débuts de l’époque moderne caractérisée par l’avènement de l’artillerie. A plus d’un titre elle présente des similitudes avec le Château Chambord en France et à celui du château Evoramonte au Portugal . |