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Sites Islamiques

Ksar Sghir

Le site de Ksar Sghir se situe sur le littoral méditerranéen entre Tanger à Sebta, sur la rive droite à l’embouchure d’une rivière qui porte le même nom.

La zone de Ksar Sghir a été occupée dès le premier siècle av. J.-C. et pendant la période romaine et dont témoigne les vestiges d'une usine de salaison. Nos informations sur le site pendant le Haut Moyen-Age sont très sobres. Selon Ziyani, en 708-709 une forteresse qui portait le nom de Ksar Mesmouda, existait à l’emplacement actuel de cette citadelle. Sous les Idrissides, il faisait partie de la principauté d’al Kacem Ibn Idriss II. En 971, les Omeyyades d’Espagne tentèrent de s’en approprier suite à une expédition ordonnée par le calife Al Hakam Al Moustansir. Al Bakri, géographe du XI ème siècle le cite sous le nom de Madinat Al Yam (la ville de la mer) ou Al Kasr AL Awwal (le premier château ).

L'origine du site remonte au XI ème siècle, il fut utilisé comme forteresse militaire pour les Almoravides (Ksar Mesmouda) et servait à l’embarquement des troupes musulmanes à destination de l’Espagne. Les Almohades en font également, leur port qu’ils baptisèrent Kasr Al Majaz. Les Mérinides sous le règne du sultan Abou Youssef Yaakoub, le baptisèrent Ksar al Majar et s’en servirent comme base de départ pour leurs troupes, dans leurs traversées vers l’Andalousie. En 1287 le sultan Abou Yaakoub Youssef fit fortifier Ksar Sghir d’une enceinte circulaire couronnée de bastions et percée de portes monumentales.

A partir de la 2ème moitié du XV ème siècle la ville subit un nouveau sort. En effet, les Portugais y débarquèrent en 1458 et s’emparèrent de la place fortifiée. Après son évacuation par les portugais, le site servit au début du XVIIème siècle, de port pour le débarquement des Morisques refoulés de l’Andalousie.

La ville de Ksar Sghir présente un plan de forme circulaire plus ou moins régulier, ce qui marque une exception dans l’urbanisme médiéval du Maroc. Elle s’étend sur une superficie de 5000m² avec un diamètre d’environ 200m. L'enceinte mérinide, épaisse de 2m et haute de 5m, est flanquée au Nord d’un réduit défensif et à l’Est d’une porte défensive. Cet ouvrage défensif est protégé par 29 tours circulaires et percée de trois portes monumentales (Bab al Bahr, Bab Sebta, Bab Fès).

Après l’occupation lusitanienne en 1458, la ville islamique a subi des rajouts et des transformations qui ont modifié sa physionomie. A ces modifications s'ajoutent de nouvelles réalisations telles que la construction d’une nouvelle église connue sous le nom de Saint Sébastien et le creusement d’un fossé de 4m de profondeur et de 6m de large au pied des tronçons nord-est et sud des remparts.

Belyounech

Le site de Belyounech est situé à 7 Km à l’ouest de la ville de Ceuta, sur les versants de Jbel Moussa. L’histoire de cette ville est liée à celle de la ville islamique de Ceuta. En effet, elle était, au XIIème siècle, considérée comme un lieu de plaisance pour les habitants de Ceuta. Son port naturel et ses sources ont fait la richesse de la ville et de sa région, constituant ainsi un point précieux pour Ceuta qui n’a jamais cessé de s’y approvisionner en eau.

Le site de Belyounech est un site sub-urbain qui renferme des vestiges d’architecture civile (maisons, Hammams, mosquées) et des constructions défensives notamment les bastions. Les travaux archéologiques qui ont commencé depuis 1972 et qui se sont poursuivis jusqu’à 1978, ont mis à jour une structure unique en son genre au Maroc. Il s’agit de la muniya mérinide, type d’architecture palatine et de plaisance, très connu en Andalousie au moyen âge.

L’importance que revêt la ville de Belyounech ne réside pas seulement dans la présence de ce type d’architecture (muniya.), mais également dans l’aménagement agricole et dans l’exploitation des eaux et des terres situées sur les versants Nord-Est de Jbel Moussa.

Al Basra

La ville d'al-Basra ou al-Hamra - la rouge - se situe sur la route de Souq el-Arbâ en direction d'Ouezzane, à environ 40 Km de la côte atlantique et à une vingtaine de Kilomètres au sud de la ville d'al-Ksar el-Kbir.

Fondée probablement à la même époque que la ville d'Asila (entre 180H/ 796; ( régence de Rachid ) et 803/197 H. ( régence d'Idriss II )), la ville d'al-Basra connut un épanouissement considérable et s'éleva rapidement d'une simple bourgade à une résidence estivale des émirs idrissides. En 958, une expédition d'un général du calife al-Mu‘izz, Jawhar donna naissance à un petit état idrisside d'obédience fatimide dont la capitale fut la ville d'al-Basra et s'étendant au Rif et au Ghomara. En 979, le ziride Abu al-Futuh Yusuf Ibn Ziri, connu sous le nom de Bullugin, dirigea son armée en direction de Ceuta, fit détruire les fortifications de la ville d'al-Basra avant d'être repoussé par les Zenata et les Andalous de Ceuta.

Ibn Hawqal, géographe du IX ème siècle, rapporte qu'elle est une ville d'étendue moyenne protégée de remparts et ses productions sont nombreuses: Le coton en particulier, qui est exporté à destination de l'Ifriqiya (Tunisie-constantinois). On y trouve aussi en abondance le blé, l'orge et d'autres céréales. Sa prospérité est grande car c'est une ville marchande .

Au XIème siècle, la ville se développa et devint l'une des grandes agglomérations. Le siècle suivant, la cité perdit de son importance. Trois siècles plus tard, J. Léon l'Africain confirma le déclin et l'abandon de la ville.Les fouilles entreprises dans ce site depuis 1980 ont permis une meilleure appréhension de l'organisation spatiale du site, la découverte d'un atelier métallurgique et d' outils lithiques attestant de l'importance archéologique de la cité .

L'enceinte de la ville d'al-Basra, percée autrefois de dix portes, fut en grande partie détruite. Son tracé dont il ne subsiste que les fondations, épouse le relief et s'étend sur une longueur de 2.5 Km circonscrivant une superficie de 30 hectares. La muraille, épaisse de 2.20 m , est construite en moellons et renforcée par des tours semi-circulaires. Une citerne construite en pierre a été également mise au jour par les fouilles. Elle est couverte par une voûte supportée par des arcs transversaux et mesure 4,25 m de large et 6,00 m de longueur.

Al Mahdiya

Al-Mahdiya se situe sur la rive gauche du Sebou, à une trentaine de kilomètres au nord-est de la ville de Salé. Construite sur un escarpement rocheux, ses fortifications se dressent encore au bord de l'Atlantique pour dominer la plaine côtière et protéger l'embouchure de l'oued.

L'origine d'al-Mahdiya reste encore obscure. Certains y ont vu l'emplacement d'un comptoir carthaginois du Vème siècle avant notre ère. D'autres pensent qu'elle fut fondée par les Bani Ifren. Exceptée cette indication tardive, al-Mamora n'apparaît que sous les Almohades au XII ème siècle. Abd al-Moumen y fit installer un arsenal pour construire 120 bateaux.

La ville tira profit, semble-t-il, de cet arsenal et devint rapidement “une petite place de commerce où, comme à Salé, les négociants européens venaient échanger les produits d'Europe contre ceux du Maroc”. Cette prospérité fut malheureusement de courte durée et la ville fut détruite lors de la guerre opposant as-Saîd au roi mérinide Abu Said Othman.

En 1515, les Portugais y débarquèrent pour construire une citadelle à l'embouchure de l'oued Sebou. Le sâadien nommé Mohammed al-Bourtoughali assiégea la ville et mit la flotte portugaise en déroute. Al-Mahdiya, dévastée et abandonnée, devint alors un centre de la course qui sévissait dans l'Atlantique.

En 1614, Les Espagnols réussirent à prendre la ville qui s’appellera, pendant 67 ans, San Miguel de Ultramar. Après de nombreuses tentatives, le sultan alaouite Moulay Ismaïl y entra et c'est alors que l'ancienne forteresse arabe reçut le nom de Mehdiya. Celle-ci, commandée par le caïd Ali ar-Rifi, vit s'y ériger la porte monumentale, une mosquée, un palais, un hammam, une prison et plusieurs constructions.

Plusieurs monuments s'élèvent encore à l'intérieur de la citadelle témoignant de sa splendeur de jadis. Une enceinte et deux portes dont une ,située a l'est ,est monumentale. Cette dernière, construite en pierre taillée, évoque par ses traits simples et harmonieux certains aspects des portes de l'arsenal de Salé ou encore les grandes portes de Laâlou et de Bab Zaer de l’enceinte almohade de la ville de Rabat.

A l'intérieur, outre des bâtiments en ruines, la Qasba est embellie d’un complexe architectural monumental: la maison seigneuriale du Caîd ar-Rifi construite au XVIIème siècle, un hammam privé de type hispano-mauresque, des citernes, une prison et une mosquée. A cela, s'ajoutent des masures, des boutiques et des foundouqs.

Aghmat et Mausolée d’Al Mouâtamid Ibn Abbad

Connu de nos jours sous le nom de Joumâa d’Aghmat, le site est particulièrement célèbre par le mausolée d’al Mouâtamid Ibn Abbad.

C’est une petite localité située au pied du Haut Atlas, à 30 Km de Marrakech sur la route menant à l’Ourika.. La ville historique d’Aghmat est considérée comme l’une des plus importantes cités de l’Occident musulman durant le Haut Moyen-âge. Les géographes la considèrent comme une place idrisside florissante.

Pendant le XI ème siècle, Abou Oubaïd al Bakri décrit Aghmat comme étant composée de deux villes : Aghmat Aïlam et Aghmat Ourika. Cette dernière fut le siège du pouvoir et le lieu de rencontre des commerçants. Quant à Aghmat Aïlan, elle fut une contée où résidaient les tribus Masmouda et qui comprenaient de grands marchés.

En raison de sa qualité de capitale des Maghraoua et de leur chef Laqqout Ibn Youssef, elle fut une des bases où se sont fixés les Almoravides dans leur avancée vers les régions du nord dans l’attente de la fondation de leur capitale de Marrakech en 1062. Sous le règne de Youssef Ibn Tachfin, Aghmat fut le lieu d’exil des rois déchus d’Espagne dont le célèbre poète al Mouâtamid Ibn Ziri, roi de Grenade.

Les seuls vestiges qui subsistent de la ville historique sont une partie de la muraille, le Hammam et les restes de quelques maisons et canaux d’irrigation. Sur le côté Sud-Ouest du site gisent toujours les restes d’un rempart construit de pierre et de pisé qui s’étend sur une centaine de mètres et dont la largeur fait entre 1.90m et 2.80m. La prospection géophysique atteste la présence d’importantes structures archéologiques.

L’intérêt du site réside notamment dans sa configuration spatiale étroitement liée à un grand canal d’irrigation dit « La grande séquia » ou « La séquia tassoltante » qui divise la ville en deux parties. D’autres ouvrages hydrauliques qui sont trois bassins de forme carrée (Sahrij) et des galeries souterraines (Khettara) sont des preuves irréfutables du développement urbain de la ville et de sa place de marque en tant que capitale des Maghraoua et grande cité du Haouz de Marrakech.

En 1970 a été construit le mausolée d’al Mouâtamid Ibn Abbad. Il se compose d’un petit dôme imitant la coupole almoravide de Marrakech où reposent al Mouâtamid, sa femme Iîtimad Rmiqia ainsi que son fils. La coupole est décorée de vers composés par le prince-poète.

Tinmel

Tinmel constitue un des sites majeurs de l’histoire médiévale du Maroc mais aussi de tout l’occident méditerranéen. C’est de cette bourgade berbère de la Moyenne Vallée du Neffis, inconnue jusqu’au à la fin du XIème siècle, que sont partis les conquérants almohades, conduits par le guide spirituel Mahdi ibn Toumert puis par le grand conquérant Abd al-Moumen Ibn Ali, pour former le plus grand empire que la Méditerranée occidentale ait connu depuis celui de Rome. La chevauchée dura près de vingt ans et finit par la chute de la dynastie almoravide et la prise de leur capitale Marrakech en 1147 J.C. Cette ascension politique permit à Tinmel de s’affirmer en cette seconde moitié du XIIèmes comme une véritable capitale spirituelle et centre de la culture doctrinale de l’empire. Ainsi elle allait connaître la réalisation de grandes entreprises bâtisseuses dont les témoins les plus notables sont la grande mosquée et l’aménagement valorisant l’entrée de la cité. A ces travaux d’utilité publique s’ajoute la construction d’une résidence royale qui abritait les souverains almohades durant leurs traditionnelles visites pieuses et solennelles au mausolée du vénéré Mahdi Ibn Tumart. Une fervente adoration de la cité s’établissait. Des lettrés, des étudiants et des pèlerins y accouraient en voyage studieux ou séjour pieux. Il faut préciser pourtant que la confirmation de Tinmel en tant que pôle almohade n’était pas due uniquement à son rôle historique dans l’émergence et l’établissement du nouvel Etat mais au rôle agissant que jouaient les cheikh de Tinmel et de la vallée du Neffis dans l’appareil de l’Etat almohade. Après le déclin de la dynastie des unitaires, Tinmel redevenait ce qu’elle fut avant cette épopée : une simple bourgade au milieu du Haut Atlas. Seuls ses vestiges et monuments rappellent son passé glorieux.

La grande mosquée de Tinmel

La mosquée de Tinmel se développe sur une humble superficie, presque carrée, de 48,10 m de longueur et 43,60 m de profondeur. On y accède par six portes latérales disposées en vis-à-vis dont quatre donnent sur la salle de prière et deux sur la cour. La salle de prière est distribuée en neuf nefs longitudinales qui débouchent perpendiculairement sur une nef-transept. Dans ce dispositif la nef médiane et la nef transept se distinguent par une certaine prépondérance visuelle due à leurs dimensions imposantes par rapport aux autres nefs. L’articulation entre ces deux matrices de même envergure donne lieu à une projection planimétrique en T. Cette ordonnance novatrice cherche à rendre perceptible l’intérêt et la dignité accordés au mur de la qibla qui supporte le mihrab, point focal qui gouverne l’espace intérieur de la mosquée. Située dans le cadre général de l’architecture religieuse islamique, la mosquée de Tinmel constitue avec celle de Taza et les deux Kutubiya de Marrakech, la synthèse de l’évolution d’un module planimétrique dont les prémices étaient apparues en Orient arabe et la genèse en Ifriqiya et en Andalousie.

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