Sites Antiques

Tamuda

Le site de Tamuda est situé dans la vallée de l'oued martil, à dix kilomètres, environ, à vol d'oiseau de la côte méditerranéenne. Les fouilles anciennes et récentes entreprises sur le site de Tamuda ont apporté des données archéologiques importantes sur cette ville.

Le quartier sud de Tamuda se présente sous forme d'un rectangle orienté est-ouest, et semble avoir un plan régulier. Dans sa partie ouest, il est doté d'un espace vide qui pourrait être une place publique. Ce quartier est d'époque préromaine.

Le quartier Est se présente sous forme d'un ensemble d'îlots constitués de maisons avec des chambres rectangulaires. Les soubassements des murs sont faits en pierres, les élévations sont en briques crues.

La documentation relative à l’occupation phénico-punique du site de Tamuda est très mince. La présence, parmi le matériel provenant des fouilles de Tamuda, de deux vases de tradition phénico-punique datant de la fin du VIIème ou début du VIème s. av. J.-C. pose le problème de l'origine de l'occupation préromaine du site.

Le premier état urbanistique de Tamuda a été repéré dans un sondage effectué au pied de l’enceinte du camp militaire et remonte à la fin du IIIème siècle av. J.-C.

Au deuxième siècle la ville de Tamuda s'ouvrit sur les circuits commerciaux de la Méditerranée, et on assiste à l'arrivée des céramiques datant de la première moitié du IIème siècle av. J.-C.

La ville de Tamuda subit vers la fin du premier siècle av. J.-C., une destruction liée à un incendie. Cette destruction, attestée sur plusieurs sites du nord du Maroc, est liée, certainement, aux faits historiques qui ont marqué la Maurétanie à cette époque, à savoir les luttes entre le roi Bogud, allié d'Antoine, et le roi Bocchus allié d'Octave lors de la révolte des habitants de Tanger en 38 av. J.-C. Tamuda fut détruite définitivement vers 40 ap. J.-C, lors de l'intervention des troupes romaines en Maurétanie et la révolte d'Aedemon.

Au IIème siècle ap. J.-C. les romains construisent sur les ruines de Tamuda un camp militaire dépourvu de tours mais présentant des angles arrondis. A la fin du IIIème siècle, ce camp fut remanié et on y a rajouté des tours semi-circulaires aux angles et aux courtines.

 

Cotta

Cotta se trouve près des grottes d'Hercule sur la côte atlantique. C’est l’ensemble architectural antique le plus important de la région de Tanger. Le site a été indiqué pour la première fois par Ch. Tissot et G. Buchet qui ont reconnu en ces ruines la station de Cotta mentionnée par Pline l'Ancien. Les premières fouilles y ont été effectuées par C. de Montalban, mais c'est à M. Ponsich que revient le mérite d'avoir dégagé ces ruines et d'avoir apporté des précisions quant à leur chronologie.

 

Les sondages pratiqués dès 1959 à l'extérieur de l'usine ont fourni un matériel qui permet d'affirmer que le site était occupé dès les III-IIème siècle av. J.-C. Le site de Cotta représente un point stratégique pour une navigation de cabotage et il a été le nucleus d'une installation humaine depuis l'époque préhistorique.

Le site de Cotta renferme une usine de salaison d'époque romaine qui est considérée parmi les établissements les plus conservés en Méditerranée occidentale.

Kouass

Le site de Kouass est situé sur la rive droite de l'oued Gharifa, à environ 25 Km au sud de Tanger, et à quelques kilomètres au nord d'Asilah. La position géographique et topographique de Ras Kouass explique, sans doute, les raisons du choix de cet emplacement dans l'antiquité. La présence du fleuve Gharifa, la proximité d'un port naturel, la présence de terres fertiles et de carrières d'argile ont permis et facilité, certainement, l'installation humaine sur le site de Kouass.

Les fouilles effectuées sur le site ont permis de dégager plusieurs fours de potiers d’époque préromaine qui ont produit des amphores et des céramiques durant une longue période allant du VIème au Ier siècle av. J.-C.

Outre les ateliers de potiers, M. Ponsich a reconnu une construction à caractère défensif qui se rapproche, du point de vue technique de construction des bâtiments pré-romains de Tamuda et de Lixus, des usines de salaisons datées de l'époque impériale (I-IIème siècle. ap. J.-C.), un aqueduc et une citerne.

Dchar jdid

Le site de Dchar Jdid est situé à 13 Km au nord-est de la ville d'Asilah et à l’est du village de Had el Gharbia. Il occupe, avec les bâtiments suburbains, une superficie de 32ha, à l'extrémité d'une avancée orientée est - ouest d’un plateau, qui, à l'ouest, descend doucement vers la plaine côtière.

En 1977, une équipe maroco-française a repris la recherche archéologique sur le site. Les fouilles entreprises sur « la citadelle » entre 1977 et 1980 ont confirmé l'idée d'une occupation du site à l'époque préromaine. Un premier sondage entrepris en 1977 a permis de repérer, à deux mètres du sol moderne, des couches ne contenant que des céramiques campanienne A et quelques fragments de céramique peinte. Deux niveaux maurétaniens ont été ainsi déterminés.
Au premier niveau correspondent les vestiges d'une habitation en briques crues, elle se compose de deux pièces grossièrement rectangulaires communiquant par une porte. Le mobilier céramique découvert, écrasé sur le sol du bâtiment est considéré homogène, et il est scellé par un niveau d'une destruction violente. La datation de ce niveau peut être située au deuxième s. av. J.-C. et plus probablement vers la fin du siècle.

Au deuxième niveau appartient un ensemble de construction d'orientation nord-ouest - sud-est, bordé par une rue. Les murs sont faits de soubassements en pierres et des élévations en briques crues. Le matériel exhumé dans ce niveau, renfermant des produits d'importation permet de situer la destruction et l'abandon du quartier dans le troisième quart du Ier s. av. J.-C

Entre 33 et 25 av. J.-C., la ville fut détruite et l’empereur Auguste y installa une des trois colonies romaines de Maurétanie occidentale, Iulia Constantia Zilil. D’après un passage de Strabon, les habitants de cette ville furent déplacés en Espagne, avec des habitants de Tingis et des colons italiens pour constituer la population de Iulia Ioza en Bétique. Les fouilles archéologiques entreprises sur le site n’ont pas encore défini l’aspect urbanistique de cette implantation coloniale.

Les fouilles entreprises sur le site ont permis de dégager des quartiers d’habitation, un grand temple, un ensemble thermal, une imposante citerne à quatre compartiments, alimentée par un aqueduc en partie souterrain, sera construite pour l'alimenter en eau, postérieurement à Hadrien. Enfin, dans la seconde moitié du IIème siècle, comme d'autres cités de la Tingitane, Zilil se dote d'une enceinte, fouillée partiellement près des portes nord et ouest, mais repérée sur la majorité de son tracé grâce à la prospection électrique.

La ville a été détruite, à un moment archéologiquement indéterminé, entre 238 et le milieu du IVème siècle. L'étude des monnaies issues des fouilles de Dchar Jdid montre que la reconstruction de la ville résulte d'une décision impériale et peut être datée assez précisément des années 355-360 ap. J.-C.. La création la plus spectaculaire est celle d'une église paléochrétienne, à trois nefs, pourvue d'un baptistère et de diverses annexes, près de la porte ouest de l'enceinte, unique monument de cette catégorie dégagé en Maurétanie Tingitane. La ville fut détruite au début du Vème s. mais la date de l’arrêt définitif de l’occupation du site n’est pas encore déterminée

Lixus

Le site de Lixus est situé sur la rive droite de l'oued Loukkos, à environ 4 km de son embouchure. La ville antique de Lixus est bâtie sur une colline connue chez les habitants de la région sous le toponyme de Tchemich.

La mention la plus ancienne remontant au périple du Pseudo Scylax (IVème s. av. J.-C.), fait de « Lixos » une ville phénicienne. Des indications un peu plus détaillées sont fournies par d’autres textes antiques, en particulier celui de Pline qui place l'un des exploits d'Hércule (la cueillette des pommes d'or des jardins des Héspérides) à lixus et présente Lixus comme la plus ancienne colonie phénicienne de l'occident méditerranéen (XIIème s. av. J.-C.), en indiquant que le temple de Lixus est plus ancien que celui de Gadès.

Les recherches archéologiques entreprises sur le site depuis les années vingt et qui se poursuivent jusqu’à nos jours dans le cadre de programmes de partenariat ont fourni des données importantes sur les différentes phases de la longue histoire du site.

Si la tradition littéraire situe la fondation de Lixus au XIIème s. av. J.-C., la réalité archéologique ne permet pas de remonter au-delà du premier tiers du VIIIème s. av. J.-C. Le matériel phénicien recueilli en plusieurs endroits de la ville indique que la ville phénicienne devait occuper une grande partie de l’acropole et ses pentes orientales. Les recherches récentes entreprises dans le sondage du caroubier ont permis de repérer, pour la première fois, des structures d’époque phénicienne. La diversité et la richesse du matériel exhumé à Lixus dénote l’importance du rôle qu’a du jouer la ville en tant que métropole et port ouvert aux circuits commerciaux de Méditerranée.

Les fouilles archéologiques entreprises sur le site de Lixus n'ont révélé jusqu'à maintenant aucun monument qu'on peut attribuer d'une manière certaine à l’époque punique qui correspond en gros au moment de la thalassocratie carthaginoise. Cette époque est marquée par l’arrivée de céramiques grecques à vernis noir et à figure rouge et un important mobilier en bronze (puisoir chypriote et pieds de tables) et par la diffusion de céramiques et amphores produites dans des ateliers locaux notamment à Kouass.

A partir du 3e s. av. J.-C. la ville de Lixus allait connaître un développement urbain important dont témoigne le quartier d’habitat délimité par l’enceinte maurétanienne.

Vers la fin du premier siècle av. J.-C., la ville de Lixus va assister à une phase de "prospérité" urbaine caractérisée par un souci d'aménagement de l'espace dans la ville. Cette prospérité se manifeste dans la riche décoration des maisons attestées par des restes d'enduit peint découverts sur plusieurs murs et dans les remblais. Sous le règne de Juba II et de son fils Ptolémée, Lixus a connu une période de prospérité et un développement urbain sans précédent qui se manifeste par le complexe du quartier des temples.

A partir de 42 de l’ère chrétienne, sous le règne de l’empereur Claude, Lixus devient colonie romaine, et on assiste à un grand développement économique et urbain de la ville. La pêche et les industries de salaisons ont fait de Lixus une métropole économique en Méditerranée occidentale. De même la richesse de l’arrière pays de la ville a favorisé le développement de l’agriculture. La ville se dote à cette époque de plusieurs monuments publics (théâtre-amphithéâtre, thermes, temples) et des demeures privés richement décorées de fresques et de mosaïques (mosaïque de Mars et Rhéa, mosaïque des trois Grâces, mosaïque d’Hélios).

A la fin du 3ème s. et au 4ème s., la ville se replie sur elle même avec la construction d’une enceinte qui réduit de moitié la superficie initialement habitée.

Banasa

Le site de Banasa (Toponyme actuel : Sidi Ali bou Jenoun) occupe un double monticule étiré du nord au sud sur la rive gauche du Sebou, à 17 km en aval de la ville Mechraa bel Ksiri.

Le site de Banasa et ses alentours ont probablement été fréquentés dès l’époque préhistorique et protohistorique (outils en silex, céramique modelée). Quelques amphores, des lampes à deux becs et des bijoux en or attestent la fréquentation du site à l’époque phénicienne.

Au Vème siècle ou au plus tard au IVème siècle avant J.-C., le site est occupé par des ateliers de potiers dont l’activité se poursuit jusqu’au Ier siècle avant J.-C. De ces installations artisanales dont les traces n’ont été reconnues, à l’heure actuelle, qu’à l’occasion de sondages limités pratiqués dans le quartier méridional de la ville, sont issus des produits céramiques portant la marque d’influences phéniciennes, grecques et ibéro-puniques, mais témoignant d’une originalité locale indéniable. Les recherches récentes entreprises à Banasa ont confirmé l’importance de la production céramique et ont amplement enrichit le répertoire des céramiques banasitaines par des formes inédites.

En 25 avant J.-C., une colonie romaine portant le nom de Colonia Iulia Valentia Banasa et administrativement rattachée à la province de Bétique (Espagne), est créée à l’emplacement de la cité maurétanienne.

Au début du règne de Marc Aurèle, Banasa devient colonia aurélia, et demeure un centre florissant jusque vers 285 ap. J.-C., date à laquelle la Maurétanie Tingitane est réduite aux territoires situés au nord de l’oued Loukkos. Banasa est alors abandonnée. Toutefois les recherches récentes prouvent que des traces d’une occupation postérieure subsistent.

Les fouilles archéologiques entreprises entre 1933 et 1956 ont largement dégagé les vestiges de l’époque romaine. Le quartier central offre un ensemble de bâtiments publics (temple, forum, basilique…) inscrits dans la trame orthogonale qui domine dans les quartiers nord et ouest. Le quartier sud est construit sur une orientation différente ainsi que le quartier dit du Macelum au nord ouest. Plusieurs grandes maisons à péristyle, des établissements de bains publics, des boulangeries et des bâtiments à vocation artisanale et commerciale ont été mis au jour. Un tronçon du rempart qui entourait la ville a été dégagé au sud ouest.

Thamusida

Le site de Thamusida (Sidi Ali ben Ahmed) se trouve au bord du Sebou, sur sa rive gauche, à 10 km à vol d’oiseau en amont de la ville de Kénitra. Les ruines d’une superficie de 15 hectares occupent des éminences culminant de 9 à 13 m.

La région de Sidi Ali ben Ahmed, et probablement le site lui-même, ont été occupés aux temps préhistoriques.

Vers le milieu du IIème siècle avant J.-C., le plateau qui domine le fleuve dans la partie nord du site porte un habitat caractérisé par une architecture en terre et par la présence de vases céramiques peints. L’agglomération maurétanienne continua à exister jusqu’à la conquête romaine. Les recherches récentes effectuées à Thamusida témoignent de l’existence d’une occupation antérieure au IIème siècle av. J.-C.

Dès le règne de Claude (41-54 après J.-C.), des constructions en dur se multiplient. Thamusida abrite probablement un port actif dont témoignent les nombreux débris d’amphores entourant le plateau et devient un point de débarquement et un centre romain de ravitaillement.

Sous les Flaviens (69-96 après J.-C.), une garnison militaire romaine séjourne sur les lieux. La ville donne des signes de croissance ; elle se dote d’un temple (le Temple à bossages), de thermes et de maisons d’habitations dont une à cour centrale.

Sous Trajan (97-117 après J.-C.) ou sous Hadrien (117-138 après J.-C.), une nouvelle structuration de l’espace urbain semble avoir lieu en conférant à la ville un plan d’urbanisme orthogonal où s’inscrivent les thermes reconstruits et le petit temple du nord-est dédié à Vénus-Astarte. Le développement et l’enrichissement de la ville se reflètent dans l’agrandissement et la transformation continue des thermes du fleuve, dans la construction de nouveaux temples bordant la rive du Sebou et de nouvelles habitations dont la Maison du dallage qui adopte le plan des riches demeures de Volubilis et d’Espagne. Des maisons modestes, des ateliers et des locaux utilitaires occupent des quartiers entiers. En plus de ses fonctions commerciales et industrielles qui sont à l’origine de son développement, la ville de Thamusida devait jouer un rôle militaire important. Elle était peuplée de vétérans et sous Marc-Aurèle (161-180 ap. J.-C.), on y construisit la plus grande forteresse de Tingitane pour assurer la protection de la population civile. Sous Commode (176-192 ap. J.-C.) ou Septime Sévère (193-211 ap. J.-C.), la ville se dote d’une enceinte qui a remployé des stèles funéraires et écrasé une partie de la riche Maison du dallage, ce qui indique que l’ouvrage fut dicté par la crainte d’un danger proche ou lointain.

Au III ème siècle, la ville est toujours active si on en juge par l’étendue des thermes du fleuve et la densité des trouvailles céramiques jusqu’à ce que survienne l’abandon définitif. Ce dernier a eu lieu entre 274 et 280 après J.-C., mais on ne sait pas s’il est consécutif au départ de l’armée ou à une cause postérieure. Des trouvailles éparses et quelques murs ainsi que des ébauches de fortifications repérés dans les ruines de Thamusida attestent d’une occupation éphémère des lieux postérieure à la date de l’évacuation.

Rirha

Situé à 8 Km au nord de Sidi Slimane, à 500 m du gué de Sidi Jabeur, le site de Rirha occupe, sur la rive droite de l’oued Beht, une colline triangulaire d’une dizaine de mètres de hauteur, allongée d’est en ouest et enserrée par un méandre de l’oued.

Les fouilles entreprises sur le site en 1955 ont permis d’esquisser les grandes lignes de l’histoire du site. En effet, l’occupation des lieux semble remonter à la première moitié du IIème siècle et probablement au IIIème siècle avant J.-C. Elle correspond à un habitat caractérisé par une architecture en terre (briques crues). L’activité principale parait consacrée à la fabrication de la céramique dont témoignent les vestiges de four et de nombreuses galettes isolantes « colifichets ». Les produits fabriqués à Rirha sont des vases de céramique peinte assez proches de ceux de Banasa et des amphores cylindriques à épaulement.

La présence romaine remonte pour le moment au Ier siècle après J.-C. et dure jusqu’au IIIème. C’est à cette étape d’occupation qu’appartiennent les vestiges dégagés ainsi que 9 fragments d’inscriptions latines dont certains sont des stèles funéraires.

Le site n’est que très partiellement dégagé, mais les affleurements de constructions et l’importance de la céramique jonchant le sol indiquent que les ruines débordent du méandre et occupent, de l’est à l’ouest, une longueur de 600 m. Quelques traces d’une enceinte construite en blocage parementé, qui devait être percée d’une porte, les restes d’un établissement thermal, un bâtiment composé de six pièces ouvertes sur un péristyle à quatre colonnes et dont les trois centrales conservent des traces de fresques sont les seules vestiges actuellement visibles sur le site.

Le site de Rirha est identifié par avec la ville antique de Gilda citée dans les sources antiques. Le nom de la ville apparaît sur des briques marquées « facta gild (ae) » découvertes à La ferme Priou au bord du Beht et à Sidi Ahmed Ben Rahal au bord de l’Ouerrha.

Volubilis

Le site de Volubilis compte parmi les sites marocains les mieux conservés et les plus visités. Il résume une grande partie de l’histoire du Maroc depuis l’époque maurétanienne (IIIème s. av. J.-C.) jusqu’au Haut moyen-âge. Le premier noyau de la ville date du IIIème s. av. J.-C. Après l’annexion du Royaume de Maurétanie à l’empire romain en 42 ap. J.-C. suite à l’assassinat du roi Ptolémée par l’empereur Caligula, Volubilis est élevée au rang de municipe et connaît une extension urbaine importante à partir de la deuxième moitié du Ier siècle ap. J.C. Sous l’Empereur Marc Aurèle ( 168-169 ap. J.C.) est construite une enceinte urbaine qui enserre une superficie de quarante hectares. Sous les sévères (fin II ème début IIIème s.), le quartier monumental (capitole, basilique et forum) est réaménagé et l’arc de triomphe est érigé pour rendre hommage à l’empereur pour avoir accordé la citoyenneté romaine aux habitants libres de la ville et d’avoir remis les arriérés d’impôts à tous les volubilitains.

En 285 ap. J.-C., l’administration et l’armée romaines évacuent la ville. Les volubilitains se replient vers l’ouest et construisent une nouvelle enceinte séparant la ville antique de la ville nouvellement construite. A la fin du VIIIème siècle, Idris Ier se réfugie à Walila (l’antique Volubilis) où la tribu des Aouraba l’accueille et le proclame chef des croyants (imam). La cité devient le point de départ de l’islamisation. Elle fut abandonnée après la fondation de la ville de Fès en 789 ap. J. C.

Plusieurs quartiers ont été dégagés par les fouilles anciennes et récentes.

Le quartier méridional :

De la porte sud est on accède au quartier méridional. Il se compose de plusieurs unités d’habitation dont le plan révèle la modestie de ses occupants et comporte une des plus belles et somptueuses demeures de Volubilis, la maison d’Orphée, dont le plan et le décor rappellent les demeures du quartier nord-est de la ville.

Le quartier monumental :

Constitué de trois places vers lesquelles convergent les principales voies de circulation de la ville, le quartier monumental formait le cœur de la cité: Le forum, place publique et administrative, occupe une superficie de 1300 m2 pavée de grandes dalles. La basilique, siège de la justice, s’élève sur le côté oriental. Elle se compose de trois nefs encadrées de colonnes surmontées de chapiteaux corinthiens. Le capitole, temple officiel dédié à la triade capitoline : Jupiter, Junon et Minerve. Construit sous l’empereur Macrin (217 ap. J.-C.), l’ouvrage s’élève au-dessus d’un podium desservi par un escalier devant lequel se dresse un autel. Une colonnade partiellement restaurée offre encore une excellente idée sur son état originel. L’arc de triomphe se dresse à l’extrémité nord-ouest de cet ensemble. Large de plus de 5.87 m et haut de plus de 11 m, il domine la partie basse du quartier nord-est et s’ouvre sur le decumanus maximus, artère principale de la ville. L’arc de trimophe, en partie restauré, est édifié en l’honneur de l’empereur Caracalla..

Le quartier nord-est :

Le quartier résidentiel nord-est s’étend entre l’arc de triomphe et la porte de Tanger. Construites à l’époque romaine, dès le Ier s. ap J.-C., les demeures de ce secteur de la ville offrent une régularité exceptionnelle et sont richement décorées et soigneusement ordonnées. Les plus belles telles que la maison à l’Ephèbe, la maison aux travaux d’Hercule, la maison aux colonnes ou la maison au cortège de Vénus offrent de nombreuses mosaïques, riches d’enseignements.

Le quartier ouest:

Ce quartier d’une superficie de 18 hectares est séparé des précédents par une enceinte qui fut construite au Vème siècle. Les fouilles qui l’ont partiellement touché ont mis en évidence des maisons romaines, un quartier tardif aux alentours de l’oued Khoumane ainsi qu'un établissement thermal d'époque islamique (Hammam).

Sala

Le site antique de Sala est situé sur la rive gauche de l'oued Bou Regreg, sur un éperon dominant la vallée de l'Oulja.

Les premières fouilles entreprises sur le site (1929-1930) ont exhumé le noyau du centre monumental avec l'arc de triomphe à trois baies, le forum, la curie et le capitole. Les fouilles de J. Boube entreprises à Sala depuis 1958, ont mis au jour de nouveaux monuments dont des temples, des thermes, le nymphée et des entrepôts et plusieurs nécropoles qui bordent la ville.

Quelques fragments de céramique à engobe rouge de type phénicien constitue des indices isolés mais sûrs quant à la fréquentation du site à l'époque phénicienne. J. Boube ajoute aussi, comme témoignage d'une présence phénicienne dans l'estuaire du Bou Regreg, la trouvaille de scarabées en pâte tendre dans la région de Rabat.

La ville semble avoir été fréquentée au IVème siècle et dont témoigne un fragment d’une lampe grecque recueillie sur le sol de Sala

Nos connaissances sur l'urbanisme de la ville maurétanienne de Sala restent limitées. Sous les bâtiments d'époque impériale ont été mis au jour plusieurs monuments maurétaniens dont des temples, des édifices publics et des magasins. Certains d'entre eux sont imbriqués dans des constructions plus tardives, notamment sous la basilique romaine où deux murs d'orientation différente, par rapport aux constructions romaines, sont bien visibles

Après l’annexion de la Maurétanie en 42 av. J.-C., et durant tout le premier siècle, l’urbanisme à Sala ne paraît pas avoir été modifié et l’architecture de la ville doit fort peu à l’influence romaine. A la fin du premier siècle et au début du second, apparaît à Sala une nouvelle forme d’urbanisme sans que l’aspect de la ville en soit radicalement transformé et on assiste à l’édification de plusieurs monuments publics (temples) et des quartiers d’habitations dans la partie occidentale du centre monumental.

La ville de Sala a connu à l’époque romaine une importante évolution urbaine dont témoigne l’aménagement du forum, du capitole et de la curie, du nymphée octogonal, des fontaines, de l’arc du triomphe à trois baies et des thermes. Vers les années 140-144, selon le texte du décret du sénat de Sala, est édifié par le préfet M. Sulpicius Felix, l’enceinte fortifiée.

Après le retrait de l’administration romaine du sud de la Maurétanie, Sala continua à recevoir des produits ibériques, africains (céramiques sigillée claire D et amphores de Byzacène) et de Méditerranée orientale (Phocée) attestant l’occupation de la ville à l’époque tardive.

Mogador

L'île de Mogador, située non loin de la ville actuelle d'Essaouira sur l'océan atlantique, recèle les traces d'une installation remontant à l'époque phénicienne; il s’agit du site phénicien le plus extrême à l'ouest de la Méditerranée occidentale. Les premières fouilles archéologiques, effectuées en 1950, ont permis de récolter sur le site des pièces de monnaies, des fragments en céramique et d'amphores d'époque romaine. Les sondages ouverts sur le site en 1951 ont mis au jour, à plus de deux mètres de profondeur, un matériel nettement plus ancien (lampes puniques, épigraphie sémitique). Les fouilles entreprises entre 1956 et 1959 ont mis au jour, dans les niveaux inférieurs, une abondante céramique phénicienne, accompagnée de fragments d'amphores grecques et de vases chypriotes du VIIème siècle av. J.-C., ce qui permet de remonter la première occupation du site à la deuxième moitié du VIIème - début du VIème s. av. J.-C

Au Vème siècle, le site de Mogador semble être abandonné au moment même où la pénétration punique s'accentue dans le nord du Maroc; seules quelques amphores prouvent que l'île est encore, épisodiquement, fréquentée avant l'installation maurétanienne. A Mogador sont situées les îles purpuraires du roi Juba II. Au cours des travaux de 1957 une grande habitation maurétanienne fut découverte, elle sera remaniée et agrandie à l'époque romaine.

Copyright © 2016 Ministère de la Culture - Tous droits réservés