ABDALLAH
EL HARIRI
Né en 1949 à Casablanca
Vit et travaille à Casablanca
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| Etudes artistiques
:
- Ecole des beaux arts de Casablanca
- Stage de décoration théâtrale de cinématographie
à Bruguier – France
- Institut Européen d’architecture et Design à
Rome – Italie
- Stage de Gravure : Ecole Supérieur des Beaux arts de Lodz
– Pologne
- Animation de l’Atelier d’arts plastique – Faculté
de lettre Sidi Othman Casablanca
- Sejour à la Cité internationale des arts – paris
- Membre de l’Association Marocaines des Arts Plastiques
- Membre Fondateur de l’Association Cité des Arts
- Membre Fondateur et Vice Président des associations : Club
Al Baida d’arts contemporain ,Syndicat de Plasticiens Marocains
,Village des Ateliers d’Artistes
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| Expositions
personnelles :

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- 1973 Miami Plage Casablanca
- 1975 Galerie L'Atelier Rabat
- 1976 Galerie Soligo Rome
- 1978 Galerie L'Atelier Rabat
- 1979 Palais de Culture Asilah
- 1980 Galerie P.W.S.S Lodz
- 1981 Galerie Nadar Casablanca
- 1984 Galerie Alif-ba Casablanca
- 1985 Galerie Marc PESSIN Grenoble
- 1987 Galerie Dawliz Casablanca
- 1989 « Le Dit et le non Dit » Faculté des lettres
Sidi Othman Casablanca
- 1991 Galerie Bassamat Casablanca
- 1996 « Calligraphie » Espace Carrefour des Arts
Casablanca
- 1999 Forum 7 Casablanca
- 2000 Diwan 2000 - Galerie Alif-ba Casablanca
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Principales expositions collectives :
1972 Banque Populaire Siège
Casablanca
1975 • 3ème exposition internationale
de peinture et de sculpture U.C.S.E.I Rome
1976 • Présence visuelle – Bard
Val d’Aoste
•
Quadriennale de Rome Rome
1977 • Galerie Lara Vincy Paris
•
« Petits Formats » Galerie d’atelier Rabat
1978 • Action de peinture normale Asilah
•
Exposition pour la Palestine Beyrout et Tokyo
1979 • « 8 années de peinture »
à la Galerie l’Atelier Essaouira
•
Semaine culturelle du Maroc Arabie Saoudite
1980 • « Art Arabe contemporain »
musée d’Arts Moderne Tunis
• «
Petits Formats du Maghreb et du Machreq » Galerie l’Atelier
Rabat
1981 • La peinture Marocaine Bordeaux
•
1ère Biennale de la ville de Tunis Galerie Yahia Tunis
1982 • « Petits Formats » Galerie
Alif-ba Casablanca
•
Semaine Culturelle du Maroc Koweït et Tunis
1983 • 9ème Jeux Méditerranéens
Casablanca
•
« Aspects Contemporary art In Morocco Floride – U.S.A
1984 • « Calligraphiti » Galerie
Tagninia Milani New York U.S.A
•
Biennale du Caire Egypte
1985 • 19 Peintures Marocains au Musée
de la Peinture Grenoble
•
Concours International de Sculpture sur Neige Québec/Canada
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1986 •
Semaine culturelle du Maroc Portugal
• L’art dans la rue – Action Peinture Murale
– Ain Sebaa Casablanca 1988 • Semaine
culturelle du Maroc Chine
• Sculpture sur neige Canada
• La peintura Marroqui contemporanea Centro cultural
del Conde Duque Madrid-Espagne 1990 • «
Rencontre 90 » Centre Culturelle Sidi Othman Casablanca 1991
• Galerie l’œil et la main Casablanca
• « Le grand Maghreb » Fondation Wafa Bank
Casablanca – Alger – Tunis – Tripoli – Nouakchott
1992 • Présence ( Droit de l’homme)
Bab Rouah Rabat •
« La lutte contre le sida » l’association A.M.A.P Galerie
Bab Rouah Rabat 1993 • « Hommage Saladi
» Espace Wafa bank Casablanca 1994 •
Manifestation peinture Murale Centre psychiatrique Ibnou Rochd Casablanca
. •
Panorama de la peinture marocaine d’aujourd’hui Centre Culturelle
d’Anfa Casablanca 1995 • Galerie 104
El Jadida •
« AL Fanne » Exposition international d’Arts Plastique
Kssel – Allemagne 1996 • « Hamassat
» Espace Al Wacety Casablanca 1997 •
« Présence » 10 Peintres Marocaines Tunis – Tunis
• «
Al Ouane » Couleurs d’Art Plastique Marocaine Caire –
Egypte 1998 • « Trois plasticiens du
Maroc » Art Gallery Koweit
• « Face à Face » institut Cervantès
Casablanca 1999 • « Ten Artisits From
Morocco » A.V.A Art Museum – Emirat Arabe Unis Sharjah U.A.E
•
Symposium International de la Sculpture Sur Neige Grembi – Québec
– Canada 2000 • Art Contemporania del
Marroc Palma – Espagne
• « Les barques de la Vie » Pateras de la
Vida Mad’iaq/Maroc - Malagua/ Espagne 2001
• « STAMPA » salon international de la gravure Madrid
/ Espagne •
Biennale d’AlexanderieEgypte 2002 •
Semaine culturelle du Maroc Bahrayn
• Exposition internationale à la Galerie de la
Cité International des Arts Paris – France 2003
• Manifestation non à la violence (empreinte de l’espoir)
Place Mohamed V Casablanca
• Présentation du Tableau « Empreinte de
l’espoir » à S.M le Roi – Palais Royal Marchane
Tanger 2004 • Exposition Itinérante
« Velando la Verdad » Inst-Cervantes Tanger- Fès -Rabat
Casablanca Tétouan
• GENAP (Grande exposition nationale d’art plastique)
cathedrale sacre cœur Casablanca. |
Maqamat
Abdellah El Hariri
Farid Zahi
Bien que matérialité visible, la peinture s'approprie
inlassablement la spiritualité de la parole et en réinvente
la teneur et la dimension. Elle ne cesse de mettre en scène le
souffle qui la sous-tend, tendant ainsi à déconstruire
la dichotomie si traditionnelle de la voix et de la trace. Elle-même
trace, la peinture demeure marquée par ce qui fait la communicabilité
de l'humain, certes au-delà du message et de l'apriorique du
sens, mais au cœur de ce qui érige la parole en image réversible.
Cette tension archaïque, maintenue cependant par toute une métaphysique
de l'identité, a été déjouée par
le lettrisme pour un moment sans pour autant être résolue.
Le corps du sens
Le signe calligraphique en tant que matrice du langage et support savant
du sacré est le corps sensible de la langue. La calligraphie
est demeurée fortement marquée en cela qu’elle dénote
une identité historique et est investie d’un pouvoir sacral
de haute valeur. Interprétée, la calligraphie trouve son
sens plastique plénier dans les différents usages qu’en
font les peintres et les visées esthétiques qui sous-tendent
leur travail.
Image visible et pérenne du sens, la lettre est une présence.
Aussi le Coran et la mystique musulmane l’ont-ils chargée
des significations et des dimensions les plus cosmographiques, lui prêtant
la force et la puissance révélatrice du sens de l’univers
et de l’omniprésence du divin. Que ce soit dans les mosquées
(lieux saints par excellence), le livre ou les divers monuments, la
lettre calligraphiée est message et présence fascinante
du sens, jouissance visuelle et référence à la
sagesse atteinte par la splendeur de la parole. C’est peut-être
ce qui explique cette prééminence de la lettre et des
décorations architecturales chez les peintres de la lettre, tant
cette dernière est considérée comme un des piliers
des métiers architecturaux de l'Islam.
Abdallah El Hariri, sans aucune prétention théorique,
telle qu'elle a été formulée en Orient arabe, par
le groupe "Al bu'd al wahid" (L'unidimensionnalité),
s'est installé depuis les années soixante-dix dans cette
expérience problématique, devenue épineuse, de
l'intégration de la lettre dans l'espace de la toile. Sans aucune
prétention identitaire non plus (du moins aujourd’hui),
ce travail unidimensionnel a révélé chez lui une
passion pour ces traces perceptibles de l'être civilisationnel
du peintre marocain. Un ancrage visuel dont l'ambiguïté
est si éclatante qu'elle soulève moult interrogations.
Les motifs calligraphiques et artisanaux sont-ils l'objet ultime de
la présence à soi de la mémoire? Le jeu et l'enjeu
de la lettre se plie-t-il au désir créateur de l'artiste
contemporain sans résidus signifiants? Quels sens s'élaborent
dans cette pratique?
Jeux et enjeux du visible
Posées implicitement et explicitement, de telles questions trouvent
dans le territoire imaginaire du tableau chez El Hariri (dont le nom
rappelle justement celui des Séances, du tissage de la soie ainsi
que l'interface écriture image!) leur espace de prédilection.
Ainsi, le peintre n'a eu de cesse de travailler sur les variations de
la posture de la lettre comme s'il reprenait (destin du nom!) ce que
son homonyme arabe avait réalisé avec El Wassitey entre
le mot et l'image. En effet, ce graphiste de formation peint une fragmentation
vertigineuse du signe, agence son étendue en un mouvement transfuge,
volatile et éclaté. La lettre st généralement
abstraite de son concept, livrée au vide de sa splendeur corporelle.
Elle est parfois mot, incantation mystique. Parfois encore, c’est
l’ombre de la lettre qui prend place ; une sorte de calligraphie
personnelle, laquelle prend forme dans l’anonymat de son corps.
Puis, d'une manière radicale, l'ombre se transforme en bande,
en parchemin illisible. Une sorte de platitude qui mime l'écriture
et l'invite à son effacement originel.
El Hariri fait baigner ces faisceaux de lettres dans l’ouverture
chromatique et formelle qui sollicite leur émergence et leur
disparition. Voltigeant autour de leur position initiale, elles transcendent
dans tous les sens leur sens et leur signification potentiels. Au point
de se dissoudre dans un enchevêtrement à la limite de la
déperdition. La lettre devient ainsi pré-texte aux jeux
innombrables de combinaisons qui s’offrent au regard, telles des
partitions musicales au rythme latent.
Pourtant, la lettre est objet d'abstraction. Elle ne fait sens que dans
sa corporalité présente, dans le mouvement qui la propulse
dans le vide. Vide en général métaphorique, puisqu'il
s'agit d'à-plats chromatiques que le peintre a su transformer
en mouvance gestuelle. L'abstraction de la lettre est en réalité
un leurre. Car, quand elle se meut en motif, "perdant" de
la sorte sa signification langagière, elle ne fait que suspendre
le sens de l'association (nadhm) à laquelle elle est destinée.
Le corps de la lettre n'est, en effet, jamais définitivement
dissocié de ses potentialités et de sa prédestination
à la signification. En témoignent les lettres préambules
à quelques sourates ainsi que les significations données
aux lettres dans le soufisme et la magie.
D'où l'ambiguïté qu'engendre la volonté de
transformer la lettre (motivée) en motif! Elle est motif mais
transporte toujours en elle ses présupposés et ses couches
de sens en sommeil. C'est certainement cela même qui "motive",
dans le même espace, la forme de l'arcade et les motifs de mosaïque
qui s'annoncent ici et là dans quelques travaux de Abdallah.
Une ambiguïté d'autant plus apparente qu'elle fracture le
corps de la toile et la marque par deux démarches plastiques
en tension: celle de la liberté gestuelle, voire lyrique et celle
moins libre et plus conditionnée de l'usage ornemental des motifs
calligraphiques et architecturaux. Et l'on assiste ainsi à une
scénographie double dont les deux démarches se laissent
contaminer l'une par l'autre. D'une part la touche embrasse la diversité
chromatique du zellige et crée une festivité de couleurs
variées relatives aux motifs architecturaux; de l'autre une gestualité
débordantes à la limite des à-plats. Alternance
qui envahit l'espace de la toile et la soumet à une tension permanente,
celle qui anime la vision artistique du peintre et le maintient dans
un équilibre problématique.
Cette manière de résoudre la tension est, à mon
sens, révélatrice de la créativité propre
à El Hariri. Elle le maintient dans le lien et le lieu des échanges
et des fluctuations. C'est peut être pour cela que la diagonale
est son espace vibratile et l'oblique est son teint de regard préféré.
Comme si, à travers cette posture, le peintre nous invitait à
vivre avec lui la chaleur cuisante de la mise en miroir de l'au-delà
du visible et à maintenir en éveil ce qui transcende la
double face du monde.
Témara, février 2004
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