Nouvelles découvertes de sites préhistoriques dans la région d'Essaouira

Dans le cadre d'un programme de recherches archéologiques dans la région d'Essaouira, une équipe d'archéologues de l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP, Rabat) du Ministère de la Culture et du Centre National de la Recherche Scientifique (France) a découvert de nouveaux sites préhistoriques dans les zones de Jebel Lahdid et Oued Lksab.
Ces recherches qui se sont déroulées du 7 novembre au 7 décembre 2007 avec l'appui du Centre National de la recherche Scientifique et Technique (CNRST) à Rabat, ont mis au jour un fragment de mandibule humaine probablement d'âge néolithique (au moins 6000 à 5000 ans avant notre ère) et une série d'abris sous roche à l'Oued Lksab. Les fouilles archéologiques ont démontré que les populations préhistoriques dans cette région ont taillé des outils lithiques à partir du silex disponible dans des sources très proches et qu'ils ont consommés des animaux fossiles d'alcélaphinés de bovidés ainsi que des oufs d'Autruche.
Dans la région de Jebel Lahdid, les fouilles ont principalement concerné la grotte dite de Bizmoune qui montre une succession de cultures préhistoriques allant du Néolithique au Paléolithique moyen. En effet, des outils lithiques de la culture atérienne dont l'âge est estimé dans cette grotte d'au moins 40 mille ans ont été mis au jour associés à des ossements d'animaux fossiles et parfois des coquilles marines (essentiellement huîtres). Ainsi dans les niveaux plus récents, probablement avant 10 mille ans, les populations préhistoriques dans cette cavité ont fabriqué leurs outils à partir de silex sous forme de lames et lamelles. Ils ont également consommé des mollusques marins et des animaux fossiles.
Ces nouvelles recherches qui vont se poursuivre en 2008, sont les premières fouilles dans les niveaux préhistoriques jamais réalisées dans la région d'Essaouira. Elles viennent confirmer l'ancienneté des activités humaines dans cette région qui est très ancrée dans l'histoire à l'image d'ailleurs de tout le Maroc. Ce qui a étonné l'équipe c'est que les préhistoriques se sont déplacés vers la mer pour récolter des produits marins même si leur habitat se trouvait à des kilomètres du littoral. La découverte également de morceaux de l'ocre rouge dans certains niveaux archéologiques, prouve que ces populations avaient une pensée symbolique, car cette matière était utilisée comme colorant du corps ou des objets. L'abondance de la matière première lithique dans des sources proches leur a facilité la fabrication de leurs outils comme cela a été suggéré par des géomorphologues à l'Université Mohamed V, mettant en évidence par la même occasion une autre facette des anciennes activités humaines.
Ces premières trouvailles sont en cours d'analyse à l'INSAP et à la Délégation de la Culture à Essaouira en collaboration avec une équipe du CNRS en France. Une fois l'étude terminée et les résultats publiés, les trouvailles seront mises à la disposition du Musée Sidi Mohamed Benabdellah à Essaouira pour qu'elles soient exposées au public.