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CHAIBIA
TALLAL |
| 1966 |
Goethe Institut , Casablanca - Maroc
Galerie Solstice, Paris - France ‘Salon des Surindépendants’
, Musée d’Art Moderne, Paris France |


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| 1969 |
‘Ecole marocaine’, Copenhague ‘Kunstkabinett’,
Francfort – RFA |
| 1970 |
‘Les Halles aux Idées’ , Paris – France |
| 1971 |
‘Dar America’ à Casablanca , Rabat , MarraKech
, Fes , Tanger – Maroc. |
| 1972 |
Ventes aux enchères à Drouot, Paris – France. |
| 1973 |
Galerie ‘L’œil de Bœuf’ (CIPAC), Paris
– France. |
| 1974 |
Galerie ‘L’ oeil de Bœuf’ , Paris –
France.
Galerie ‘Ivan Spence’ , Ibiza – Espagne. ‘Salon
des Réalités Nouvelles’, Paris – France. |
| 1975 |
Galerie ‘L’œil de Bœuf’ , Paris - France
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| 1976 |
Biennale d’Art, Menton – France |
| 1977 |
Deuxième Biennale Arabe, Rabat – Maroc. ‘Salon
de Mai’ au Musée d’Art Moderne, Paris –
France. ‘Salon des Réalités Nouvelles’,
Paris – France.
Exposition collective au Brésil. |
| 1978 |
Centre culturel Chorégraphique , Paris – France |
| 1979 |
Centre culturel de Montmotillon , Paris – France |
| 1980 |
Galerie ‘L’œil de Bœuf’ , Paris –
France.
Galerie ‘Ibtissam’ , Tunis - Tunisie.
Galerie ‘Engel’ , Rotterdam ‘Art 80’,
Paris - France
Fondation Juan Miro, Barcelone – Espagne
Exposition en Irak |
| 1981 |
Galerie ‘L’œil de Bœuf’ , Paris –
France |
| 1982 |
Galerie ‘Alif Ba’, Casablanca – Maroc
Musée de Cagne –sur – Mer – France |
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| 1983 |
Galerie ‘Ibtissam’ , Tunis – Tunisie
Galerie ‘L’œil de Bœuf’ , Paris –
France |
| 1984 |
Institut Français d’Athènes - Grèce
« La Femme et la Méditerranée » à
la Galerie Municipale de vitry –sur –Seine – France |
| 1985 |
Institut Français de Barcelone - Espagne « La
Femme et la Méditerranée » à la galerie
‘L’œil de Bœuf’, Paris – France
‘Salon de Mai’ au Grand Palais, Paris – France
« 19 peintres du Maroc » au Centre National d’Art
Contemporain, Grenoble – France
Galerie d’art Llimoner - Espagne
Maison de la culture , Grenoble - France
Galerie Nadar , Casablanca – Maroc « 19 peintres
du Maroc », au Musée des Arts Africains et Océaniens,
Paris – France |
| 1986 |
Galerie ‘Le Carré Blanc’ en suisse «
Indomptés de l’art », Besançon –
France
Musée Granville - France
Galerie ‘Dawliz’, Casablanca – Maroc
2ème Biennale de la Havane – Cuba ‘Salon
d’Automne’ au grand Palais, Paris – France
« 13 peintres contemporains » à l’hôtel
Mansour, Casablanca – Maroc
Musée Al Batha, Fès – Maroc |
| 1987 |
‘Raleigh Contemporary Galleries’, Caroline du Nord
– USA |
| 1988 |
Expositions à Oostende , Bruxelles et Liège - Belgique
Galerie ‘Ana Izak’ , Beverly Hills ,Usa
Musée des Beaux Arts d’Ixelles, Bruxelles – Belgique
Musée d’Art Moderne, Paris – France «
5 Contemporary Maroccan Artists », The Africain Influence
Gallery, Boston – USA |
| 1989 |
Galerie ‘L’œil de Beauf’, Paris - France
Galerie ‘Carrée noir’ - Suisse |
| 1990 |
« Neuve Invention » à l’Institut suisse
à New York (collection art brut de Lausanne ) - USA
Institut du Monde Arabe , Paris - France |
| 1991 |
Galerie Frédéric Damgaard, Essaouira – Maroc |
| 1993 |
Musée de l’Ephèbe, Cap d’Agde - France
« le Tondo Aujourd’hui » au Muée de
Saint Ingert - Allemagne « les Créateurs de l’Art
Brut de la Neuve Invention » au Musée de l’Elysée,
Lausanne - Suisse
Musée National de Washington – USA |
| 1995 |
Centre Culturel de Marrakech – Maroc |
| 1996 |
‘The National Museum of Women in the Art’, Washington
– USA |
| 1997 |
Centre Culturel ‘le Quartz’, Brest – France |
| 1998 |
Galerie ’Fallet’, Genève – Suisse |
| 1999 |
‘Outsider Art Fair’, New York - USA
Galerie ‘les 4 coins’, Lapalisse - France
Musée de l’Art en marche, Lapalisse - France |
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| COLLECTIONS PUBIQUES
:
- Fonds National d’Art Contemporain, Paris
– France
- Musée de l’Art Brut (Collection
Neuve Invention), Lausanne – Suisse
- Musée des Arts d’Afrique et d’Océanie,
Paris – France
- Musée de l’Art en Marche, Lapalisse
– France
- Fondation Cérès Franco, Lagrasse
– France
- Musée d’Art Vivant, Tunis –
Tunisie
- Site de la Création Française,
Begles – France
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COLLECTIONS PRIVEES :
Les œuvres de l’artiste Chaïbia font
partie de nombreuses collections privées au Maroc et à
l’étranger, notamment aux Etats-Unis, en Grande Bretagne,
en France, en Italie, au Liban, en Egypte, en Inde, au Canada, en Espagne,
en Suisse, en Hollande, en Belgique, à Haïti, au Japon,
en Australie, en Nouvelle Zélande, en Suède, au Danemark
et en Allemagne.
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| CHAIBIA
OU LA SINCERITE
A LA SOURCE DE L’ART
Fatima
MERNISSI
Dans cette lettre que vous
ne lirez pas, Chaïbia -car, à l’égal de ma
propre mère, vous n’avez pas été initiée
au décodage des lettres, ou « alphabétisée
», comme on dit chez les fonctionnaires..., je vous présenterai
dans une langue étrangère ce que j’exprimerais peut-être
moins bien dans notre dialecte : mon admiration et mon affection. |
| Je vous admire, parce
que dans une société programmée pour humilier la
femme, vous avez déjoué les plans et démonté
les mécanismes : sans préméditation sans arme,
la quête de la dignité devenant le réflexe le plus
naturel de survie, de vie-avec ou sans diplômes. Car, vous le
savez bien, certaines sociétés organisent l’humiliation
de l’individu comme elles organisent la sécurité
sociale et les congés payés... Dans la nôtre on
a coutume de dire que ceux qui n’ont pas eu la chance d’apprendre
à lire et à écrire, pour eux, aucun accès
possible à la création : seuls les collectionneurs de
titres auraient la licence de créer. Les autres comme vous-même,
Chaïbia, comme ma mère ou ma cousien-vous autres qui avez
le malheur d’être nées quelques années avant
moi, d’être nées tôt ou trop loin des grandes
cités (la scolarisation massive n’a démarré
au Maroc qu’après l’Indépendance, vers la
fin des années cinquante), vous êtes les interdites de
séjour dans les espaces de la création. Or, c’est
là, Chaïbia, que vous êtes entrée en scène,
déréglant scénarios et scénaristes, troublant
acteurs et souffleurs, redéployant les mirages du beau selon
votre propre loi, celle du talent jaillissant.
Vous vous êtes introduite dans un univers éminemment surveillé
: celui de la peinture moderne, venue d’ailleurs avec une toile
verticale, des pinceaux, de la couleur artificielle..., venue d’une
ville lointaine qu’on appelle Paris. Vous vous êtes introduite
en silence, comme seules savent le faire les femmes arabes, dans les
lieux des pouvoirs, le pouvoir de créer, le pouvoir de s’exprimer,
le pouvoir de vendre son oeuvre au prix élevé à
sa dignité, le pouvoir d’incruster dans la toile notre
réelle valeur. Valeur dont l’authenticité, aujourd’hui,
se monnaye en dollars, en francs lourds, à travers les musées,
les galeries... Et tout cela s’accomplit avec notre tenue traditionnelle
et vos bijoux qui défient les modes fugaces, et votre henné,
et la malice de la chevelure sous vos foulards qui n’ont rien
à voir avec les insignes qu’on imagine, qui sont pure coquetterie,
rire et gouaille de Casablanca.
Je vous admire pour tout cela et pour votre malice...,
quand vous me saluez avec cette ironie taquine qui donne la pétoche
: « Alors, Al-Qaria ? ». En insistant ainsi –gentiment-
sur ce dont vous n’avez guère bénéficié
–à savoir l’accès aux études, aux diplômes-
vous nous mettez tous à nu : nous réduisant à l’humain,
à sa grandeur et sa responsabilité. Je vous avais un jour
demandé : « Pourquoi me parlez-vous toujours d’instruction
? Vous vous débrouillez mieux que bien des maîtres d’université...
» Et votre réponse m’a éclairée beaucoup
plus qu’une longue dissertation : « J’insiste sur
l’éducation parce que l’analphabétisme est
une blessure. Il faut préparer un Maroc où aucune femme
ne soit blessée. Même lorsqu’on réussit, cette
blessure ne guérit point. » je vous aime, Chaïbia,
parce que vous réveillez notre conscience, non pas avec les grandes
trompettes des militants, mais avec notre succès, votre authenticité.
Vous aimez ce qui est différent : pour mieux refléter
ce qui est intérieur. Vous êtes ouverte à l’Occident,
vous aimez les Français les Américains, tous ceux qui
parlent et se comportent différemment de vous : parce que l’essentiel,
en vous, n’est absolument pas menacé : la sincérité
d’être. Vous avez du succès parce que vous avez confiance
en ce que vous êtes : une petite lumière qui flotte et
clignote et qu’on appelle un être humain même si vous
êtes une femme que ça et là des hommes considèrent
un être futile, secondaire, sans poids... Votre réponse
à toute société qui méprise les femmes analphabètes
éclabousser leurs nuits de vos éclats de couleurs, balayer
les stéréotypes en créant, calmement, une beauté
qui n’a pas besoin de se prouver à qui que ce soit : elle
éclaire tout simplement celui qui la voit.
Avec tous mes respects à cette lectrice qui
n’a pas besoin de lire, car elle est toute absorbée par
son humble, son infini destin : faire des miracles en silence et vous
dire qu gré des rencontres, le sourire et l’éclaire
malicieux dans ses yeux toujours entourés de khol : « Alors,
Al-qaryin ? ».
« Alors, les instruits ? ». Oui, Chaïbia,
vous nous bien eus, et dépassés tous avec tous nos diplômes
: dépassés par votre talent. |
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© Minstère de la culture - 2003