© Minstère de la culture - 2003

 

Salon organisé par L'Association Marocaine de l'Art
Photographique en partenariat avec le Ministère de la Culture

 

Le portrait

La première question qui s'impose à nous devant cette exposition est la suivante : pourquoi le portrait ? Le portrait est-il encore une nécessité culturelle et artistique ? Quel intérêt pouvons-nous encore tirer du portrait devant l'éclatement de la production de l'image dans ses formes technologiques les plus avancée ? Dans son histoire, le portrait était le lieu où la personne cherchait à se satisfaire d'elle- même, de ses apparences et de ses avoirs. IL était, en quelque sorte le miroir (certes le faux) qui pouvait refléter l'aspect extérieur de la personne. IL se présentait en tant que commande passée au peintre et qu'il devait exécuter. IL sera vite détrôné par le vrai miroir .En effet, c'est dans ce dernier que la bourgeoisie allait commencer à contempler ses bijoux, ses étoffes et toutes ses fastueuses parures.

L'autoportrait est devenu alors l'une des pratiques essentielles des artistes à travers lequel ils essayaient de découvrir la réalité réelle de l'être humain. Dans des gestes presque hallucinatoires les peintres interrogeaient leurs profondeurs. Le portrait est devenu le vari miroir de l'âme humaine. Mais encore une fois le portrait est resté fidèle à une personne, à une certaine tendance de vouloir rendre compte réalité connue ou prétendue ainsi.

Le portrait est certes un miroir, mais un miroir qui ne renvoie jamais une seule image. Nous sommes habités par plusieurs images et le portrait que l'artiste (peintre ou photographe) livre à nos yeux est le fruit d'une longue histoire de regard. IL a emmagasiné, récolté et capté les images en regardant tout simplement le monde.

Quand nous voyons c'est certes sur le visage biologique que notre regard se pose, mais aussi sur le visage mélancolique, craintif, celui qu'on aimerait avoir, l'autre qu'on détesterait porter. Pour réussir cette entreprise il faudrait surtout éviter de regarder le visage uniquement en tant surface sur laquelle des boutons, des poils ou des grains de beauté viendraient s'implanter.

En fixant son propre regard, le photographe plonge dans ses profondeurs et là il croise inévitablement d'autres visages. Se pose alors le vrai problème : ces visages que je rencontre dans mes profondeurs comment dois- je les appeler ? Mes visages ou ceux des autres ? Je rencontre toute la société ; des visages beaux, laids, féroces, doux, mélancoliques, en d'autres termes, vrais et redoutables. Ils sont redoutables parce qu'ils sont vrais et me renseignent sur la réalité véritable de l'Etre. Du coup le travail du photographe se transforme en un travail d'étude et d'analyse de la société qui refuse de se regarder dans le miroir du monde. Les questions inévitables sont alors posées : Qui sommes- nous ? Quel est notre devenir ? Quelles sont nos limites ? La photographie se doit de nous indiquer le chemin ?

L'art photographique n'est plus uniquement un renseignement sur une réalité donnée mais bel et bien une construction d'un monde. Le photographe est impliqué dans le processus de l'élaboration de l'image de sa société et de son environnement. Il ne s'adresse pas, contrairement aux autres producteurs de l'image (la télévision plus particulièrement), à un consommateur mais à un récepteur. Le consommateur de l'image télévisuelle est traversé par cette dernière alors que l'image du photographe est captée et demeure dans l'imaginaire de son récepteur. L'image du photographe travaille contre l'oubli et restitue la proximité des choses que détruit toute la machinerie audio-visuelle adressée aux consommateurs. La photographie se doit plus que jamais d'être interrogative. Le portrait est certes la plus grande interrogation de l'humanité depuis que l'homme s'est évertué à se faire saisir le profil sur les parois des cavernes. Est ce que donc cette exposition a réussi le pari ? C'est au récepteur de juger. Se trouvera-t-il interrogé ? Si c'est oui, l'exposition aura rempli sa mission.

Moulim El Aroussi

 

 

Les artistes exposants

Jaâfar Akil

Fouzia Alami

Jamal ben Abdesslam

Abderrazzak Ben Chaabane

Rachid Bendaoud

Thami Benkirane

Hicham Benohoud

Ahmed Bensmail

Abdelghani Bibt

Driss Britel

Fouad Brigui

Abdelmajid Bziouat

Ali Chraibi

Noureddine el Ghoumari

Salmane Ezzammoury

Zouheir ibn el Farouk

Abderrahman Loukili

Fouad Maazouz

Mohamed Mali

Fatima Mazmouz

Hassan Nadim

Miloud Stira

Noureddine Tilsaghani

Saâd Tazi

Noureddine Zrira