Objectifs :
Dans le cadre des activités organisées
à l’occasion de la consécration de Rabat capitale
culturelle du monde arabe, le Ministère marocain de la culture
organise le 15 octobre 2003 une exposition patrimoniale sur le commerce
caravanier et les routes de l’or qui reliaient le Maroc à
certains pays de l’Afrique sub-saharienne. L’objectif de cette
manifestation est de :
- Mettre en valeur les relations commerciales et politiques
qui s’effectuaient entre ces pays depuis le Moyen-age ;
- Mettre en exergue le brassage culturel, religieux
et ethnique qui s’est effectué entre ces peuples à
l’époque ;
- Faire connaître les routes et les principales
étapes du commerce caravanier qui traversaient le Maroc et les
pays de l’Afrique subsaharienne ;
- Renforcer les relations amicales qui continuent
de relier nos pays.
Qu’est-ce que le commerce transsaharien ?
Le Maroc a jouit très tôt de la réputation
d’entretenir des relations avec l’Afrique sub-saharienne.
Si ses rapports remontent à des temps immémoriaux, ce n’est
qu’entre le VII ème et le XI ème siècle que
vont se préciser les tracés des axes de liaisons régulières
sous l'impulsion d'une économie méditerranéenne demandeuse
d’or et celle du Sahel saharien méridionale consommatrice
de sel. La première tête de ligne des routes vers le sud
fut Sijilmassa qui va s'affirmer comme une célèbre métropole
commerciale qui anime et contrôle une grande partie du trafic caravanier
entre Bilad el Soudan (actuels pays du Sahel), le Maghreb, l'Orient et
l’Europe.
Les sources historiques révèlent trois grands axes de commerce
:
- L’axe reliant Sijilmassa au Ghana à
travers Tamdoult, Tindouf, Zemour et Waddan. Cette route fut utilisée
particulièrement entre le IXème et le Xème siècle
- L’axe reliant Sijilmassa au Soudan sub-saharien
en passant par les salines de Taghza et Tombouctou. Cette route était
utilisée entre le XIème et le XVème siècle.
- L’axe reliant Sijilmassa à Gao via
Tademakka.
Le commerce avec le soudan historique se basait sur
le troc. La principale monnaie d’échange était les
barres de sel échangées contre l’or. Il y avait aussi
d’autres produits de troc comme les denrées communes très
sollicitées par les communautés du désert notamment
les métaux ( barres de fer, laiton, étain), les ustensiles
de cuivre, les chevaux et selles, les cotonnades, le papier à écrire,
la verrerie, la céramique, maroquinerie et autres articles utiles.
En contre partie les importations marocaines comprenaient l’or,
les plantes médicinales, les plumes d’autruche, le corne
de gazelle, le bois d’ébène et l’ambre.
Dans ce contexte, des cités médiévales
du désert vont fonder leur richesse sur ce trafic. Les plus célèbres
sont Sijilmassa et Tamedoult (Maroc) ; Aoudaghoust et Koumbi-Saleh (Mauritanie)
; Tombouctou, Gao et Djenné (Mali) ; la vallée du Tekrour
(Sénégal). Toutes ces villes vont s'affirmer comme de grandes
métropoles commerciales qui animent et contrôlent le trafic
caravanier entre Bilad Soudan, le Maghreb, l'Orient ainsi que l’ensemble
du pourtour méditerranéen.
Au delà du commerce, l'extension de l'Islam,
la diffusion de la langue arabe et le métissage des populations
sont les résultats les plus patents du cheminement et du contacte
entre des hommes aux goûts et aux aptitudes différentes.
Contenu de l’exposition
Le visiteur de l’exposition aura l’occasion
d’apprécier de très riches collections muséographiques
constituées d’objets archéologiques (céramiques,
monnaies en or, bijoux, inscriptions…) provenant des prestigieux
sites de Sijilmassa (Maroc), Aoudaghoust et Koumbi Saleh (Mauritanie),
Oualata, Teghaza, Tombouctou, Djenné et Gao (Mali), Tekrour (Sénégal)
ainsi que de pièces ethnographiques composées d’instruments
de musique, d’éléments de parures, de costumes et
d’objets artisanaux symbolisant les influences interculturelles
et le rapprochement entre les peuples de la région. En outre, de
valeureux manuscrits de l’époque témoignant des influences
arabo-islamiques en Afrique sub-saharienne seront exposés.
Un catalogue traitant de plusieurs thèmes
se rapportant à l’exposition et illustré de belles
photos a été préparé pour l’occasion.
Il sera mis en vente sur les lieux même de l’exposition au
Musée des Oudaya à Rabat.
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