Exposition « Routes de l’or »
Musée des Oudaya, Rabat
Du 15 Octobre 2003 au 19 Janvier 2004

Objectifs :

Dans le cadre des activités organisées à l’occasion de la consécration de Rabat capitale culturelle du monde arabe, le Ministère marocain de la culture organise le 15 octobre 2003 une exposition patrimoniale sur le commerce caravanier et les routes de l’or qui reliaient le Maroc à certains pays de l’Afrique sub-saharienne. L’objectif de cette manifestation est de :

  • Mettre en valeur les relations commerciales et politiques qui s’effectuaient entre ces pays depuis le Moyen-age ;
  • Mettre en exergue le brassage culturel, religieux et ethnique qui s’est effectué entre ces peuples à l’époque ;
  • Faire connaître les routes et les principales étapes du commerce caravanier qui traversaient le Maroc et les pays de l’Afrique subsaharienne ;
  • Renforcer les relations amicales qui continuent de relier nos pays.

Qu’est-ce que le commerce transsaharien ?

Le Maroc a jouit très tôt de la réputation d’entretenir des relations avec l’Afrique sub-saharienne. Si ses rapports remontent à des temps immémoriaux, ce n’est qu’entre le VII ème et le XI ème siècle que vont se préciser les tracés des axes de liaisons régulières sous l'impulsion d'une économie méditerranéenne demandeuse d’or et celle du Sahel saharien méridionale consommatrice de sel. La première tête de ligne des routes vers le sud fut Sijilmassa qui va s'affirmer comme une célèbre métropole commerciale qui anime et contrôle une grande partie du trafic caravanier entre Bilad el Soudan (actuels pays du Sahel), le Maghreb, l'Orient et l’Europe.
Les sources historiques révèlent trois grands axes de commerce :

  1. L’axe reliant Sijilmassa au Ghana à travers Tamdoult, Tindouf, Zemour et Waddan. Cette route fut utilisée particulièrement entre le IXème et le Xème siècle
  2. L’axe reliant Sijilmassa au Soudan sub-saharien en passant par les salines de Taghza et Tombouctou. Cette route était utilisée entre le XIème et le XVème siècle.
  3. L’axe reliant Sijilmassa à Gao via Tademakka.

Le commerce avec le soudan historique se basait sur le troc. La principale monnaie d’échange était les barres de sel échangées contre l’or. Il y avait aussi d’autres produits de troc comme les denrées communes très sollicitées par les communautés du désert notamment les métaux ( barres de fer, laiton, étain), les ustensiles de cuivre, les chevaux et selles, les cotonnades, le papier à écrire, la verrerie, la céramique, maroquinerie et autres articles utiles. En contre partie les importations marocaines comprenaient l’or, les plantes médicinales, les plumes d’autruche, le corne de gazelle, le bois d’ébène et l’ambre.

Dans ce contexte, des cités médiévales du désert vont fonder leur richesse sur ce trafic. Les plus célèbres sont Sijilmassa et Tamedoult (Maroc) ; Aoudaghoust et Koumbi-Saleh (Mauritanie) ; Tombouctou, Gao et Djenné (Mali) ; la vallée du Tekrour (Sénégal). Toutes ces villes vont s'affirmer comme de grandes métropoles commerciales qui animent et contrôlent le trafic caravanier entre Bilad Soudan, le Maghreb, l'Orient ainsi que l’ensemble du pourtour méditerranéen.

Au delà du commerce, l'extension de l'Islam, la diffusion de la langue arabe et le métissage des populations sont les résultats les plus patents du cheminement et du contacte entre des hommes aux goûts et aux aptitudes différentes.

Contenu de l’exposition

Le visiteur de l’exposition aura l’occasion d’apprécier de très riches collections muséographiques constituées d’objets archéologiques (céramiques, monnaies en or, bijoux, inscriptions…) provenant des prestigieux sites de Sijilmassa (Maroc), Aoudaghoust et Koumbi Saleh (Mauritanie), Oualata, Teghaza, Tombouctou, Djenné et Gao (Mali), Tekrour (Sénégal) ainsi que de pièces ethnographiques composées d’instruments de musique, d’éléments de parures, de costumes et d’objets artisanaux symbolisant les influences interculturelles et le rapprochement entre les peuples de la région. En outre, de valeureux manuscrits de l’époque témoignant des influences arabo-islamiques en Afrique sub-saharienne seront exposés.

Un catalogue traitant de plusieurs thèmes se rapportant à l’exposition et illustré de belles photos a été préparé pour l’occasion. Il sera mis en vente sur les lieux même de l’exposition au Musée des Oudaya à Rabat.