A cause des rivalités familiales, Ahmed Ben Moussa arrêta Hadj Maâti, frère de Mohamed Ben Larbi Jamaï, qui habitait cette demeure lors du départ de son frère Mohamed pour Fès. Hadj Maâti fut condamné à Tétouan et y restait prisonnier jusqu'à sa mort.
La famille Jamaï tomba ainsi en disgrâce et fut dépouillée de ses biens qui ont été confisqués et distribués. Dar Jamaï a été vendue alors à Madani Glaoui de Marrakech qui ne vint jamais y habiter.
- En 1912, les français se sont procurés de cette bâtisse et en firent dans sa partie centrale un hôpital militaire nommé : "hôpital Louis". Dans la partie droite de la demeure, le tribunal militaire séjourna un très court temps avant de céder la place au "Service des Arts Indigènes".
- En 1916, une partie du bâtiment a été attribuée au Service des Beaux Arts, et le reste aux divers services administratifs.
- En 1920, la totalité du bâtiment a été attribuée à l'Inspection Régionale des Beaux Arts qui l'a transformé en musée avec une galerie d'artisanat, c'était le premier noyau muséologique. La bâtisse Dar Jamaï est classée monument historique selon le Dahir du 19 - 11 - 1920. Le musée a été donc crée en 1920 sous l'appellation du "Musée des Arts Indigènes". Une école de "Broderie Indigène" fut aussi installée dans un local attenant au musée.
- En 1958, l'artisanat a été séparé définitivement du musée. Depuis, les collections ont été enrichies par les acquisitions faites par l'Etat.
L'exposition permanente :
Le musée Dar Jamaï présente une nouvelle exposition permanente intitulée: "Arts et métiers traditionnels de Meknès".
Cette nouvelle exposition tente de faire apparaître la richesse des collections disponibles au Musée Dar Jamaï tout en se basant à la fois sur la fonction de chaque pièce au sein du palais Jamaï, et sur l'identité socio-culturelle du public local.
La visite se déroule à travers les différents espaces qui composent le parcours architectural de Dar Jamaï. Le premier espace au rez-de-chaussée est défini comme espace privé, il comprend le patio, les chambres et la cuisine. Cet espace présente l'ensemble des métiers traditionnels de la ville de Meknès: bois de cèdre sculpté et peint, mobilier et d'architecture, broderie de Meknès, kaftans et ceintures, bijouterie citadine, céramique de Meknès, dinanderie, ferronnerie et damasquinerie.
Le visiteur peut également admirer l'un des aspects relatifs à l'art équestre "la fantasia", pratiqué à Meknès depuis bien des siècles.
Le deuxième espace à l'étage est conçu comme espace convive, il comprend le salon d'apparat et un couloir où des manuscrits de XVII ème siècle sont exposés.
Cette nouvelle conception tente aussi de faire du Musée le centre d'intérêt des citoyens dès leur bas âge. C'est ainsi qu'un espace a été réservé à l'enfant, lui permettant de s'exprimer dans des ateliers de dessin et d'animation.
Le parcours de la visite s'achève par un Riad de type andalous, agrémenté d'un pavillon de plaisance manzah, bien décoré en bois peint. |