© Minstère de la culture - 2003

 

Aissa Ikken

Né en 1937

Vit et travaille à Rabat

Expositions Individuelles

1974 : Festival Panafricain de la Jeunesse, Tunis
1975 : Galerie la Découverte, Rabat
1976 : Galerie Alliance Française, Rabat
1978 : Galerie la Découverte, Rabat
1979 : Participation à la décoration de l’aéroport international de Djeddah
1983 : Directeur du graphisme aux jeux Méditerranéens de Casablanca
1984 : Hôtel Safir, Marrakech
1985: Galerie National de Bab Rouah, Rabat
1993 : Galerie National de Bab Rouah, Rabat
1997 : Galerie EL Manar, Casablanca
1998 : Institut français de Rabat
1998 : Institut français d’Oujda

 

Expositions Collectives

1975 : Festival de la jeunesse arabe, Tripoli
1977 : Festival de la jeunesse arabe, Bagdad
1977 : Faculté des lettres, Fès
1978 : Aspects de la peinture marocaine, Marrakech
1979 : Aspects de la peinture marocaine, Essaouira
1980 : Semaine culturelle marocaine, Tunis
1980 : Manifestation des Oudayas ( Avec Loakira et Benas )
1981 : Exposition du dessin en Yougoslavie
1983 : Exposition Jeux Méditerranéens, Casablanca
1983 : Semaine culturelle marocaine aux Etats-Unis
1985 : Jeux Panarabes, Casablanca
1987 : 10e anniversaire de la revue El Assas, les Oudayas, Rabat
1991 : Exposition-vente au profit du peuple Irakien
1992 : Exposition de L’AMAP. Galerie Bab Rouah, Rabat
1994 : Galerie Hamzat Wasl, Casablanca
1994 : Peintures à l’hôpital d’enfants, Rabat
1995 : Exposition de Tapis, Galerie Nationale Bab-Rouah
1995 : Exposition de Tapis, Bordeaux
1996 : Exposition de Tapis, Monaco
1996 : Exposition de Tapis, Paris
1997 : Exposition-Rencontre inter-arabe et méditerranéenne, Rabat
1999 : Exposition Blancs-Manteaux Paris
2000 : Salon d’automne, Paris
2000 : Exposition à El Jadida
2002 : Peinture marocaine au Koweït

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AÏSSA IKKEN : LA FORCE DE L’INCROYABLE


Cela fait plus de deux décennies que Aïssa Ikken fait de la peinture en dévoilant au grand jour la passion du signe qui l’habite. Pas n’importe quel signe : celui qui témoigne de notre présence au monde et de notre volonté d’en saisir la face cachée. Rien ne serait donc plus illusoire que de vouloir rattacher sa peinture à une quelconque identité aux contours figés. Ce qui compte avant tout pour lui, c’est la recherche d’une forme d’art (une poétique) qui exprimerait le rapport de l’homme (aux plans historique et mythique) face à son destin. La question de l’origine ne semble l’intéresser qu’en tant que possibilité de dépassement et d’ouverture. L’art n’est-il pas précisément le lieu par excellence d’une archéologie de la quête et de la perte ?
Ainsi, la force de Aïssa Ikken est d’avoir réussi à résister à toutes les modes, comme s’il portait un secret qu’il voulait tout à la fois garder et mettre en « image » en le transfigurant à l’infini. Si bien que face à chacun de ses tableaux, nous avons le sentiment de plonger dans l’Histoire la plus enfouie de l’humanité. Le signe est en fait ici déroutant et captivant en même temps. Car il est toujours le même et autre dans une ambiance où le visible et l’invisible se télescopent, où l’humain prend sans cesse les traits d’êtres et d’objets immémoriaux. Ce même effet esthétiques est aussi parfaitement matérialisé par le travail que le peintre s’applique à mettre en évidence en sculptant sur la pierre des figures et des motifs de mythes millénaires.
Osons le dire : la peinture d’Ikken se donne à lire comme une récit épique et dramaturgique s’attachant à évoquer, dans un même geste, le merveilleux et le fantastique tels qu’ils sont déclinés à travers de multiples références aux vieilles civilisations méditerranéenne, africaine et transatlantique. Est-ce peut-être là que réside la singularité de son travail et toute la beauté de son art : dans l’investissement d’autres lieux qui n’ont cessé de nous instruire, ici au Maroc, sans le savoir ? Si le rôle du peintre est d’étonner, Aïssa Ikken ne faillit nullement à ce principe. Sa peinture est un véritable foyer de rêves, d’imageries, de représentations qui sont de l’ordre de l’incroyable. Un incroyable si proche pourtant de la réalité et qu’il semble suggérer telle qu’elle peut se manifester dans sa propre différence.
On pourrait dire d’un mot que nous avons là tous les ingrédients d’une peinture-palimpseste. Car l’enjeu dans la peinture d’Ikken est que tout se transforme dans une dynamique de quête poussée à son extrême apogée. Il suffit de bien voir pour capter cette intense vitalité. Les signes (qui sont en fait autant de cellules vivantes) fusent de toutes parts sous la lumière de quelques couleurs tant affectionnées par le peintre : l’ocre, le bleu, le noir… ils se perdent et se retrouvent dans leur entrelac. Tantôt éparpillés et tantôt agglutinés, ils prennent des formes souvent minimalistes ou quelquefois agrandies mais toujours dansantes selon leur propre rythme intérieur.
Cette haute maîtrise du geste pictural n’est-elle pas une extraordinaire tentative de capter les multiples figures d’une (ir) réalité qui est sans doute la nôtre, mais dont nous sommes éloignés ?.

Abderrahman TENKOUL